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Réfer. : AL1400
Auteur : Michel Maïer.
Titre : Atalante fugitive.
S/titre : ou nouveaux emblèmes chymiques
des secrets de la nature.
Editeur : Librairie de Médicis. Paris.
Date éd. : 1969 .




**** A T T E N T I O N ****

Ce document étant sujet à droits d'auteur, n'est composé que du début, et des tables éven-
tuelles. Reportez-vous aux références ci-dessus
pour vous le procurer.

**** A T T E N T I O N ****



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A T A L A N T E F U G I T I V E
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Le tirage de cet ouvrage a été limité à 1000 exemplaires numérotés de 1 à 1000 et 20 exemplaires hors commerce.
EXEMPLAIRE N° 00315
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MICHAEL MAIER


A T A L A N T E F U G I T I V E
Traduction française d'Etienne PERROT



LIBRAIRIE DE MEDICIS 3, Rue de Médicis - PARIS - VI.
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Tous droits de traduction, de reproduction, d'adaptation réservés pour tous pays. Copyright by Librairie de Médicis, Paris.
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ΓΑΙΑι ΔΙΑι Mamm-goz Breiz-Izel

Erde, du liebe, ich will... Namenlos bin ich zur dir entschlossen, von weit hier.
(R. M. RILKE: Duineser Elegien, IX)
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Grande mère des fruits, grande mère des hommes, Je te salue, ô Terre de Saturne: j'ose. Entrer pour ton amour dans l'antique domaine De gloire, et libérer les sources d'eaux vivantes. Dans des cités de fer je chante un chant d'étoiles.
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PREFACE DU TRADUCTEUR


Wenn sie den Stein der Weisen hätten. Der Weise mangelte dem Stein. (S'ils avaient la Pierre des sages, Le sage manquerait à la Pierre.) (GOETHE: Faust, IIe partie, vers 5063-5064.)
L'alchimie, à l'heure où paraît cet ouvrage, sort de la nuit où elle végétait, objet de curiosité et d'attrait pour quelques rares
hommes tournés vers l'étrange ou épris des choses du passé. La
science moderne, déesse difficilement contestée, a vérifié en
suivant ses propres voies que ce qu'elle appelait matière était
en son fond pure énergie. Les conséquences qu'elle a tirées de
cette découverte dominent notre humanité. Déjà en effet le
grand oeuvre moderne a donné son fruit. Le nouveau Seigneur
des seigneurs (1) est né. Son éclair mortel a déchiré le ciel de l'Asie
au matin du 6 Août 1945, jour où l'Eglise chrétienne célèbre la
Transfiguration du Christ appelée par les Grecs fête de la Métamorphose.
Les hommes qui ont participé à cette épiphanie ont
su, dans une ivresse remplie de frayeur, qu'ils avaient à leur
manière surmonté la condition humaine. Le chef de la nation
réservée pour ce rôle titanesque a aussitôt annoncé à son peuple
que « la force d'où le soleil tire sa puissance » avait été maîtrisée
et utilisée comme arme de guerre « en Extrême-Orient » (2).
Trois semaines auparavant, le savant responsable de l'opération
Trinité, le Dr Oppenheimer, avait célébré l'apparition du fils
des modernes philosophes dans le désert d'Alamogordo en reprenant


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1. Epithète de la pierre philosophale. 2. Message radiodiffusé adressé le 7 août 1945 par le président Harry Truman à la nation américaine.

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une parole millénaire qui saluait la manifestation d'un
dieu: « Divi surya-sharasya... » « Si l'éclat de mille soleils apparaissait
tout à coup dans le ciel, ce serait comme l'éclat que
répand cette grande âme (3) ».
Bien loin de redire comme on aime à le faire que les physiciens de notre siècle ont réalisé le rêve des vieux alchimistes,
nous déclarerons ce que beaucoup savent ou sentent confusément
en affirmant que notre époque a vu s'accomplir le grand
oeuvre à rebours, l'antithèse de la rédemption alchimique, fait
lourd de menace pour notre humanité. Robert Oppenheimer, mû
par cette lucidité tardive qu'il partageait avec nombre de ses
compagnons, n'a-t-il pas lui-même confessé un jour: « Nous
avons fait l'oeuvre du diable » ?

On ne méditera jamais assez sur les détails de la manifestation apocalyptique dont nous avons le redoutable privilège d'être
les témoins. C'est pourquoi, avant d'aller plus loin, il ne nous
paraît pas hors de propos de nous attarder quelques instants à
considérer les indices qu'ils nous livrent.
Le président Truman dans son message du 7 Août 1945 à la nation devançait de sept ans la réalité. La bombe à fission d'Hiroshima
ne représentait qu'un premier stade de l'oeuvre physique
collective. Elle jouait si l'on veut le rôle de pierre au blanc.
La réalisation totale, que les savants américains, soudain saisis
d'effroi comme l'apprenti-sorcier du conte, essayèrent de toutes
leurs forces mais en vain d'empêcher, fut la bombe à fusion
expérimentée à Eniwetok le 1er Novembre 1952. Le processus de
désintégration déclenché ce jour-là est, selon la science, celui
qui produit l'énergie rayonnante du soleil. Notre siècle a donc


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3. Bhagavad-Gîta, XI, 12. Ces paroles décrivent la transfiguration de l'homme- dieu Krishna, à laquelle Arjuna assiste « rempli d'émerveillement, de joie et de
frayeur ».

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E P I G R A M M A A U T H O R I S.
H Esperii precium juvenis tulit impiger horti
Dante Deâ pomum Cypride tergeminum: Idg' sequens fugientis humo glomeravit adora
Virginis, hinc tardas contrahit illa moras: Mox micatis, micat haec mox ante fugacior Euris,
Alteratum spargens aurea dona solo, Ille morabatur vestigia lenta puellae
Rursus at haec rursus dat sua terga fugae; Tertia donec amans iterârit pondera, cessit
Victori merces hinc A T A L A N T A suo. Hippomenes virtus est sulphuris, illa fugacis
Mercurii, in cursu femina victa mare est. Qui postquam cupido se complectuntur amore
In sano Cybeles corrigit ira Deam; Pelle leonina vindex et vestiit ambos,
Inde rubent posthac corpore, suntg' feri. Hujus ut exprimeret simulacra simillima cursus
Voce titi ternâ dat mea Musa fugas: Una manet simplex pomúmque refert remorans vox,
Altera sed fugiens, tertia ritè sequens. Auribus ista tuis, oculìsque Emblemata prostent,
Atratio arcanas expetatinde notas: Sensibus haec objecta tuli, intellectus ut illis
Illicibus caperet, quae preciosa latent. Orbis quicquid opum, velhabet Medicina salutis,
Omne Leo geminus suppeditare potest.
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EPIGRAMME DE L'AUTEUR
L'audacieux jeune homme emporta le trésor
Du jardin d'Hespéros quand des mains de Cypris
Il eut repu le triple fruit (1).
La vierge fuit; il suit et lance sur le sol
La pomme qui l'attire et ralentit sa course.
Vite il bondit; mais elle, vite, le devance,
Plus prompte que l'Eurus. Il sème devant elle
De nouveaux présents d'or. La vierge un court instant
S'attarde, mais bientôt elle fuit de plus belle,
Jusqu'à ce que, l'amant renouvelant les poids,
Noble prix, Atalante à son vainqueur se rende.
Hippomène est la force du soufre; la vierge,
Mercure fugitif; le mâle vainc la femme.
Lorsque, saisis d'amour, ils s'étreignent tous deux,
Au temple de Cybèle, irritant la déesse,
Elle se venge en les vêtant de peaux de lions
Qui font rougir leurs corps et les rendent sauvages (2).
Pour exprimer au mieux ce que fut cette course
Ma muse t'offre ici les trois voix de la fugue.
L'une est simple et durable; elle est fruit qui retarde
Mais la seconde fuit, que poursuit la troisième.
Des oreilles, des yeux accueille ces emblèmes,
Puis guide ta raison vers leurs signes secrets.
J'ai mis devant tes yeux l'appât de ces images:
L'esprit doit y trouver les choses précieuses.
Les biens de l'univers, les remèdes qui sauvent
Te seront tous donnés par ce double lion.

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NOTES DE L'EPIGRAMME DE L'AUTEUR
1. Comparer cette épigramme avec le récit de la légende contenu dans la préface de l'auteur. L'histoire d'Atalante nous a été transmise par Ovide (Métamorphoses X, 560
et suiv.) Le jardin des Hespérides était situé à l'Occident (Grec: « Ἕσπερος »,
latin Vesper, soir). A propos des pommes d'or, M. Maier s'écarte de la tradition
suivie par Ovide. Le poète latin fait en effet provenir les fruits d'un arbre d'or
placé au milieu d'un champ de Tamasos, ville située à son tour au centre de Chypre
l'île de Vénus. Tamasos doit être rapproché de tamas, terme sanscrit qui désigne
dans la physique de l'Inde le principe obscur doté de toutes les caractéristiques de
notre plomb Les deux versions (celle d'Ovide et celle de M. Maier) se rencontrent
dans la légende qui fait de Saturne le roi de l'Hespérie pendant la durée de l'âge
d'or. Si l'on se souvient que l'Hespérie était assimilée à l'Italie, on saisira toute la
signification de l'apostrophe de Virgile à sa patrie:
Salve magna parens frugum, Saturnia tellus Magna virum. « Salut, grande mère de fruits, terre de Saturne Grande mère d'hommes. » (Georgiques, II, 174-175.) Le thème de la pomme d'or se retrouve dans la légende dorée. On y lit que saint Nicolas (Νἰκης-λα̑ας, pierre de victoire) ayant appris que trois jeunes femmes de
son voisinage étaient réduites par la misère à la prostitution, lança successivement
à chacune d'elles une masse d'or qui leur permit de recouvrer la vertu. La cathédrale
de Monaco possède un retable dont le saint est la figure centrale. Représenté
assis, il tient dans son giron trois pommes d'or.
M. Maier voit à la fois dans le trésor du jardin des Hespérides les trois fruits qui rendent possible l'entreprise d'Hippomène et l'objet même de cette entreprise.
« Id » devrait avoir logiquement pour antécédent pomum (fruit), mais le sens exige
qu'on le rapporte à precium (récompense, rendu ici par trésor) de la ligne précédente.
L'équivoque est voulue. Dès les premières lignes de l'ouvrage il nous est
ainsi rappelé que la pierre est le principe aussi bien que la fin de l'aventure hermétique,
qu'elle est présente au commencement de l'oeuvre tout comme au long des
diverses péripéties qui la marquent avant de luire, au soir, dans son éclat éternel
d'aurore naissante.
2. Ovide donne aux lions la couleur fauve (fulvus), ce qui peut correspondre au rouge diminué des auteurs, coloration définitive de la pierre parfaite. Sur les noms
d'« homme sauvage » ou « homme des bois » appliqué à l'adepte, voir FULCANELLI:
Les Demeures philosophales, 2e édition, I, p. 185 et suiv., pp. 433 et suiv.
Le lion aux deux corps placés de part et d'autre de la tête unique se rencontre notamment dans le Viridarium chymicum de Stolcius de Stolcenberg (Fig. LXII). Sa
gueule laisse ruisseler l'Eau divine ou or potable.

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Le Portrait de MICHEL MAIER

L'adepte est représenté la main gauche reposant sur le pommeau de son épée, tandis que de sa main droite il tient un livre
entr'ouvert (cf. Discours L, in fine). La douceur méditative du
regard tempère la puissance un peu rude des traits. Les armes
représentent d'une part un triple surgeon sortant d'une branche
coupée, et d'autre part, un oiseau dans lequel on peut voir un
phénix ou un aigle emportant dans son vol un crapaud suspendu
à une chaîne.
Un texte de M. Maïer éclaire le sens de ce dernier symbole. Il s'agit d'un billet en langue allemande dans lequel le médecin de
Rodolphe II sollicite de son maître l'autorisation de faire figurer
le couple aigle-crapaud dans ses armoiries de comte Palatin. En
voici la traduction: « Très gracieux César: Avicenne, véritable
philosophe hermétique, dit, dans sa Porta elementorum: « Un
aigle qui vole à travers l'air et un crapaud qui se traîne sur le
sol constituent le magistère ». Par aigle il entend la partie volatile
de l'argent-vif commun et par le crapaud qui se traîne à
terre, la partie fixe de la terre. Tous deux réunis permettent
donc de réaliser la médecine hermétique et la teinture des sages.
J'aurai grand plaisir à vous donner des éclaircissements sur ce
point ». (Document cité par M. F. Weinhandl dans sa postface
au Chymisches Lustgärtlein de Stolcius de Stolcenberg, Darmstadt,
1964.)
La légende latine se lit de la manière suivante: « Trois titres m'ont été donnés par l'école (cf. p. 25, n. 19) et trois par César.
Il me reste ceci (à obtenir): pouvoir bien vivre et bien mourir
dans le Christ. » C'est ici le lieu de mentionner les devises qui
figurent au début des Arcana arcanissima: « Auri non me teneat
malesuadus amor » et « Amo cruciatum » soit: « Puissé-je ne
pas être possédé par l'amour de l'or, mauvais conseiller », et:
« J'aime le supplice » (ou: « J'aime mon supplice »). L'une et
l'autre de ces phrases sont des anagrammes du nom et des titres
de l'adepte.

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pict

Amplissimo, Celeberrimo & Excellentissimo
M Ü L H A U S E N S I S
I N T H U R I N G I A I M P E R I A L I S
REIPUBLICAE SENATORIO ORDINI,
Viris Virtute, Doctrinâ, & verâ animi Nobilitate praestantissimis; Nec non ejusdem Syndico vigilantissimo, C H R I S T O P H O R O R E I N A R T utriusque Juris Doctori Consultifs. P. C. Caes. suavifs. &c.
Dominis suis semper honorificè colendis omnibus & singulis hoc benevolentiae suae£gratitudinisg'qualecunque tecmerion, dicat; dedicat & obfert officiosissimè.
MICHAEL MAIERUS Med. D. Imper. Consist. Com. E. E. P. C.

pict IRI amplissimi consultissimìq;, De T R I-
P O D E illo Pelopi sponso, cum Hippodamiam Oënomai Regis Elidis filiam in uxorem duceret, à Vulcano dono dato, narrant, quod, cùm singularis artificii esset, à Pelope Apollini Pythio Delphis iterùm oblatus fit ex,
quo deinde per virginem afflatu illius Dei oracula sint e-
A 2 dita
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AU TRES EMINENT, TRES ILLUSTRE ET TRES EXCELLENT
O R D R E S E N A T O R I A L D E

M U L H A U S E N E N T H U R I N G E I M P E R I A L E

Hommes très remarquables par la vertu, la science et la vraie noblesse de l'âme,
Et à son syndic très vigilant, C H R I S T O P H E REINART, Docteur en droit, etc...
A tous et à chacun de ses seigneurs à qui sont dus respect et honneur,

MICHEL MAIER, Médecin impérial, Comte conseiller, chevalier du Palais de César, consacre, dédie et offre très respectueusement,
quelle qu'en soit la valeur, ce témoignage de sa bienveillance
et de sa gratitude.

H OMMES très éminents et très sages, on rapporte de ce
fameux TREPIED offert par Vulcain à Pélops lorsqu'il prit pour femme Hippodamie, fille du roi d'Elide Oenomaos, qu'en raison de la perfection de son art, Pélops l'offrit ensuite, à Delphes, à Apollon Pythien, afin qu'une
vierge rendît, grâce à lui, des oracles sous l'inspiration du Dieu (2).
Ainsi, le présent TREPIED élaboré par Vulcain ayant été mis à ma

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disposition, j'ai décidé, mû par l'exemple de Pélops, de le consacrer
et de l'offrir à une place et à un ordre qui en soient très
dignes et avant tous les autres, certes, à vos Eminences et à vos
Excellences, non, à la vérité, pour qu'il rende des oracles (encore
que ceux-ci n'y fassent pas défaut, mais ce sont des oracles chymiques),
mais afin de témoigner publiquement d'une manière
quelconque l'empressement de mon coeur et les bonnes dispositions
de ma volonté envers Vous qui il y a quelques années avez
bien voulu, à mon passage parmi vous, à une époque où je faisais
partie des médecins conseillers de Sa Majesté Impériale RODOLPHE
II de divine mémoire, déclarer à son ministre quels étaient
vos sentiments à l'égard de votre seigneur, sentiments les plus
nobles et les plus dignes de votre condition. Depuis ce temps j'ai
vanté vos vertus auprès des étrangers autant qu'il a été en mon
pouvoir, mais je me suis en outre réellement efforcé d'ouvrir
davantage ma pensée et de la prodiguer d'une façon plus abondante
à vos Excellences. Ayant senti que je ne pouvais le faire
autrement que par un modeste présent littéraire, et ayant consacré
quelque soin à cette Atalante Fugitive, j'ai voulu la dédier
entièrement, quelle qu'en soit la valeur, à vos Eminences et à
vos Excellences, imitant en cela les écrivains de notre époque et
de l'antiquité qui n'ont jamais voulu se produire en public ou
aller sur les lèvres des hommes sans un appui, un guide ou un
compagnon. Si en effet ils étaient venus à tomber, qui les aurait
secourus ? Je vous prie de m'autoriser à vous appeler les patrons
de ce petit ouvrage, non qu'autant que je sache, vous ayez appliqué
la main ou l'esprit à cette étude, difficile en vérité (car de
très importantes affaires ne vous en ont pas laissé le loisir), mais
parce que vous me paraissiez tout à fait capables de protéger
quelque partie de la science et qu'aucune matière ne m'a paru
plus digne et plus honorable (sauf abus), eu égard à l'époque.
Quoiqu'il en soit, vous manifesterez (je le sais) votre estime
pour mes efforts, en considérant non la pauvreté du volume,
mais la candeur de mon âme, et vous me tiendrez et compterez
à l'avenir au nombre des plus respectueux serviteurs de vos
Excellences. Adieu.

Donné à Francfort-sur-le-Main en l'an 1617, au mois d'août.
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NOTES DE L'EPITRE DEDICATOIRE
1. Ces noms propres ne sont évidemment pas mis en valeur dans le texte original pour des raisons de simple flatterie. Le lecteur est ainsi invité à scruter leur signification,
en utilisant au besoin la langue des oiseaux. Dans Mülhausen on reconnaît
la maison (Haus) du moulin (Mühle): la pierre doit être broyée au cours de sa
préparation; c'est la trituratio. La Thuringe représente la porte étroite (Tür:
porte; enge: étroit), qui est aussi celle de l'ange (Engel). Christophe (Christophoros:
porte Christ) est l'équivalent de Chrysophoros: qui porte l'or. (Cf FULCANELLI:
Le Mystère des Cathédrales, 2e éd., p. 57.) Enfin Reinart signifie « nature
pure ».
2. Pour conquérir Hippodamie, Pélops avait dû vaincre son futur beau-père à la course de chars (voir p. 333, note 10).
Sur le trépied philosophique, voir plus loin Discours XXXIX. Le trépied de Delphes supportait un siège en forme de coupe où s'asseyait la Pythie. Ses pieds étaient
disposés autour de la pierre ovale de l'omphalos ou nombril du monde. Un conduit
relié, disait-on, au centre de la terre débouchait au sommet de l'omphalos: les
vapeurs manifestant l'inspiration du dieu suivaient ce chemin, enveloppaient la prêtresse,
qui, sous leur empire, rendait des oracles. Ce trépied est ce qui se trouve
tout au fond, c'est-à-dire tout en haut (cf. Faust, 2e partie, v. 6275 et 6284). La
tâche du héros, qu'il ait nom Hercule ou Faust, consiste à se l'approprier et à l'emporter
en trophée. (Id. 6294 et suiv.) Dans la légende grecque Zeus joue le rôle de
deus ex machina en séparant, par sa foudre, Apollon et le fils d'Alcmène qui se
disputent l'objet sacré. Les exigences du culte de Delphes ne laissaient pas de place
à un autre dénouement. Les beaux vases grecs du Louvre qui traitent ce thème sont
très éclairants.

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PREFACE AU LECTEUR
L 'HOMME, candide lecteur, est, de l'avis de tous, un abrégé
de l'univers par la manière dont il est composé, et il est destiné à vivre trois genres de vies, à savoir, la vie végétative dans le sein maternel où il croît et augmente à la manière d'une plante; la vie sensible, qu'il mène dans ce monde
où il est conduit surtout par ses sens, comme les autres animaux
dont il diffère en ce qu'il commence à se servir de son intelligence,
bien que d'une façon imparfaite; et enfin la vie intelligible,
dans l'autre monde, auprès de Dieu et des intelligences qui
l'assistent ou bons Anges. Dans la vie présente, plus quelqu'un
approche de la nature divine, plus il trouve de joie et de plaisir
dans les choses qui doivent être explorées à l'aide de l'intelligence,
réalités subtiles, merveilleuses et rares. Au contraire,
plus quelqu'un penche vers la catégorie des bêtes sans raison,
et moins il est attiré par ces réalités, et plus il est assujetti à
une manière de sentir corporelle. Nous pouvons voir des exemples
de ces deux sortes d'existences: quelques-uns, les plus savants,
formés par les arts et les sciences, s'adonnent au premier
genre de vie; la plupart se livrent au second, c'est-à-dire aux
plaisirs du corps, à la débauche, à la gourmandise, à la magnificence
extérieure et aux choses analogues.
Pour développer l'intelligence, Dieu a caché dans la nature une infinité de secrets (arcana) que l'on extrait, comme le feu du
silex, et que l'on met en pratique, grâce à toutes sortes de sciences
et d'arts. Parmi eux, les secrets chymiques ne sont pas les
derniers mais bien les premiers et les plus précieux de tous,
après la recherche des choses divines. Ils doivent être poursuivis,
non par les charlatans de foires et les faux chymistes qui
font illusion (ils sont comme des ânes devant une lyre, aussi
éloignés que possible de toute science et de tout dessein excellent)
mais par des esprits élevés, qui ont reçu une éducation
libérale et sont nés pour explorer les réalités les plus hautes; ce
sont là en effet des choses très subtiles, augustes, sacrées, rares

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et obscures, qui, pour cette raison, doivent être saisies par l'intelligence
avant de l'être par les sens, grâce à une contemplation
profonde qui s'opère par la lecture des auteurs et leur comparaison
entre eux et avec les oeuvres de la nature, plutôt qu'au
moyen d'une opération sensible ou une expérience manuelle, qui
est aveugle si la Théorie ne la précède.
A la suite des sciences intellectuelles et tout près d'elles sont placées celles qui traitent d'un objet visible ou audible; ainsi
l'optique ou perspective, et la peinture que certains poètes appellent
muette, de même que la poésie est pour eux une peinture
parlante; nommons encore la musique vocale ou instrumentale.
Les anciens philosophes s'exercèrent dans ce dernier art
au point que celui qui avait refusé la lyre dans les festins était
déclaré ignorant et contraint de chanter en tenant une branche
de myrte, comme on le lit à propos de Thémistocle.
Socrate était versé dans la musique (1), et Platon lui-même, qui déclare composé de façon inharmonieuse celui qui ne goûte pas
l'harmonie musicale. Pythagore s'illustra également dans cet art,
lui qui, dit-on, utilisait le moyen d'un concert de musique le
matin et le soir pour bien disposer les esprits de ses disciples. La
musique possède en effet ce pouvoir particulier d'exciter ou
d'adoucir les sentiments, selon les différents modes musicaux.
Ainsi le mode phrygien était appelé par les Grecs belliqueux
parce qu'on l'utilisait à la guerre et en allant au combat, et qu'il
était doté d'une vertu singulière pour exciter le courage des
soldats. A sa place on se sert maintenant du mode ionien qui
était autrefois tenu pour propre à éveiller l'amour (comme l'est
aujourd'hui le mode phrygien, ce qui nous fait supposer qu'ils
ont été intervertis). On dit que Timothée de Milet se servit du
mode phrygien pour rendre Alexandre le Grand plus prompt
et plus hardi aux choses de la guerre, ce que Cicéron mentionne
au second livre des Lois. Le Lesbien Terpandre usait du mode
ionien. Mandé par les Lacédémoniens que des troubles et des
séditions opposaient entre eux, il apaisa leurs esprits par la douceur
de son chant au point qu'ils revinrent à des sentiments
d'amitié et cessèrent toute sédition. Depuis ce temps les chanteurs
lesbiens méritèrent toujours le premier prix au jugement

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FUGA I. in Quarta, infrà.
Le vent l'a porté dans son ventre
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I Epigrammatis Latini versio Gallica
L'embryon enfermé dans le sein de Borée (1) S'il apparaît un jour, vivant, à la lumière Peut, lui seul, surpasser les labeurs des héros Par son bras, son esprit, son corps ferme, son art. Qu'il ne soit pas pour toi avorton inutile, Agrippa ou Céson (2), mais né sous un bon astre.
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EMBLEMA I. De secretis Naturae.
Portavit eum ventus in ventre suo.
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EPIGRAMMA I.
E Mbryo ventosâ B O R E AE qui clauditur alvo, Vivus in hanc lucem si semel ortus erit; Unus is Heroum cunctos superare labores Arte, manu, forti corpore, mente, potest. Ne tibi sit Caeso, nec abortus inutilis ille, Non Agrippa, bono sydere sed genitus. B 3
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DISCOURS I

H ERMES, investigateur très diligent de tout secret naturel,
donne dans sa Table d'Emeraude une description écrite, bien que succincte, de l'oeuvre naturelle, où il dit entre autres choses: « Le vent l'a porté dans son ventre », comme s'il disait
« Celui dont le père est le Soleil, et la Lune la mère, avant
d'être produit à la lumière, sera porté par des fumées de
vent, comme l'oiseau par l'air pendant qu'il vole ». La coagulation
des fumées ou vents (qui ne sont rien d'autre que l'air
mis en mouvement) produit l'eau qui, mélangée avec la terre,
donne naissance à tous les minéraux et les métaux. Bien plus,
il est établi que ces derniers corps se composent eux-mêmes de
fumées et se coagulent immédiatement. Donc qu'il soit placé
dans l'eau ou dans la fumée, cela revient au même puisque
l'une et l'autre sont la matière du vent. Il faut en dire autant,
quoique d'une façon plus lointaine, des minéraux et des métaux.
Mais, demandera-t-on, quel est celui qui doit être porté par
le vent ? Je réponds: chymiquement c'est le soufre qui est
porté dans l'argent-vif comme l'attestent Lulle au chapitre 32
du Codicille (3), et tous les autres; au point de vue physique
c'est le foetus qui doit bientôt naître à la lumière; je dis aussi
qu'au point de vue arithmétique, c'est la racine du cube (4); dans
le domaine de la musique c'est la double octave (5); au point de
vue géométrique, c'est le point, principe de la ligne qui s'écoule;
à l'égard de l'astronomie c'est le centre des planètes Saturne,
Jupiter et Mars (6). Bien que ces sujets soient divers, cependant,
si on les compare entre eux avec soin, ils révéleront aisément
le foetus du vent, ce qui doit être laissé à la plus ou moins
grande industrie de chacun.

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Mais je désigne ainsi la chose d'une façon plus claire : tout Mercure est composé de fumées, c'est-à-dire d'eau qui
soulève la terre avec elle dans la faible densité de l'air, et de
terre qui force l'air à redevenir une terre faite d'eau ou une
eau faite de terre.

En effet, les éléments sont partout, en lui, mélangés et comprimés, réduits l'un par l'autre en une certaine nature visqueuse;
par contre, ils ne se séparent pas aisément, mais
tantôt ils suivent vers le haut les substances volatiles, tantôt ils
demeurent en bas avec les fixes, ce qui apparaît d'abord dans
le Mercure vulgaire et aussi dans le Mercure philosophique et
les métaux fixes. Chez ceux-ci les éléments fixes dominent sur les
volatils, dans celui-là les volatils l'emportent sur les fixes.

Et ce n'est certes pas sans cause que Mercure est appelé et regardé comme le messager, l'interprète des autres dieux, et,
en quelque sorte, leur serviteur courant dans l'espace intermédiaire
(7), avec des ailes adaptées à la tête et aux pieds.
Il est en effet plein de vent et vole à travers les airs comme
le vent lui-même, ainsi qu'en général la preuve en est faite,
au grand détriment de beaucoup. Il porte le Caducée, ceint
obliquement de deux serpents, qui a le pouvoir d'introduire
les âmes dans les corps, de les en faire sortir, et d'exercer
de même de nombreux effets contraires; ainsi il représente
parfaitement le symbole du Mercure des Philosophes.

Le Mercure est donc le vent qui reçoit le Soufre ou Dionysos, ou, si l'on préfère, Esculape (8), à l'état d'embryon imparfait, tiré
du sein maternel, je dirai même des cendres du corps maternel
consumé, et porté là où il peut mûrir. Et l'embryon est le Soufre
qui a été infusé par le Soleil céleste dans le ventre de Borée

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pour que celui-ci le conduise à maturité et l'enfante. Car Borée,
au terme de la gestation, mit au monde deux jumeaux, l'un
à la chevelure blanche, nommé Calaïs, l'autre aux cheveux
rouges appelé Zétès. Ces fils de Borée (comme l'écrit le poète
Orphée) furent, avec Jason, au nombre des Argonautes partis
pour ramener la Toison d'Or de Colchide. Le devin Phinée,
dont les mets étaient souillés par les Harpyes, ne put être
délivré que par ces enfants de Borée. En reconnaissance du
bienfait ainsi obtenu, il annonça aux Argonautes le cours
entier de leur voyage (9). Or les Harpyes ne sont rien d'autre que
le soufre corrupteur qui est détruit par les fils de Borée quand
ils sont parvenus à l'âge convenable. Il devient parfait, alors
qu'il était imparfait, incommodé par les substances volatiles
nuisibles. Il n'est plus alors sujet à ce mal et indique à ce
moment au médecin Jason (10) le chemin à suivre pour acquérir
la Toison d'Or. Notre Basile s'est, lui aussi, parmi d'autres, souvenu
de ces vents. Il écrit dans la sixième clé: « Il doit venir
un vent double nommé Vulturne et ensuite un vent simple
appelé Notus qui souffleront impétueusement de l'Orient et du
Midi (11). Quand leur mouvement aura cessé, de manière que l'air
soit devenu eau, tu pourras être hardiment assuré que le
spirituel deviendra corporel. » Et Riplée, en la huitième porte (12)
dit: « Notre enfant doit naître dans l'air, c'est-à-dire, dans
le ventre du vent. » Dans le même sens l'Echelle des philosophes
dit: « Et il faut savoir que le fils des Sages naît dans l'air. »
Et au huitième degré: « Les esprits aériens s'élevant ensemble
dans l'air s'aiment mutuellement, ainsi qu'Hermès déclare: « Le
vent l'a porté dans son ventre. » Car la génération de notre enfant
a lieu dans l'air; s'il naît dans l'air, il naît selon la sagesse:
car il s'élève de la terre en l'air et de nouveau il descend en
terre, acquérant la puissance d'en haut et celle d'en bas. »

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1. Le texte latin porte « ventosâ Boreae alvo » : « dans le ventre plein de vent de Borée ». Borée était pour les Grecs le vent violent et glacé du nord. Il soufflait
de la Thrace, contrée sainte, patrie d'Orphée. Certains le font venir du pôle.
2. Caeso: enfant né « caeso matris utero », c'est-à-dire moyennant une incision du sein maternel (césarienne). Agrippa signifie « qui est venu au monde par les
pieds » (c'était le cas de plusieurs des membres de la famille romaine de ce
nom). Saint Jérôme donne l'étymologie hébraïque suivante que M. MAIER pouvait
ne pas ignorer: Agrippa: congregans subito (qui rassemble immédiatement). (De
nominibus hebraïcis, traité inséré dans les oeuvres d'EUSEBE DE PAMPHILIE. MIGNE:
Pat. Graec. t. XXIII).
3. « Le vent le porte dans son ventre, c'est-à-dire le soufre est porté dans l'argent- vif. » Et au chap. 47: « La pierre est un feu porté dans le ventre du vent. » (Traduction
d'une note de l'auteur.)
4. C'est-à-dire l'arête, la ligne droite. 5. « Les cordes (des instruments de musique) sont au nombre de cinq... Elles ont leur origine dans les nombres... Le rapport ( λόγος ) de la double octave est de quatre
à un. » (PLUTARQUE: Sur l'E de Delphes, § 389.)
6. Jupiter établit l'équilibre entre Saturne et Mars. Sa distance moyenne par rapport au soleil tient effectivement le milieu entre celles des deux autres planètes.
Cf. DANTE: Paradiso, XXII, 145-6: Quindi m'apparve il temperar di Giove tra il padre e il figlio. On notera que Dante paraît assimiler Jupiter au Saint-Esprit, en qui l'Eglise voit
effectivement « un rafraîchissement dans la chaleur ardente » (in aestu temperies).
Astre modérateur, il éteint l'antipathie qui règne entre les deux influences contraires de Saturne et de Mars. Son métal est l'étain, en grec Κασσἰτερος; c'est-à-dire « soudure ».
7. Minister intermedius currens. 8. Sémélé, fille de Cadmus, ayant conçu Bacchus de Jupiter, pria son amant divin de se montrer à elle dans toute sa gloire. Exaucée, l'imprudente fut réduite en cendres
par la foudre. L'enfant extrait de ces cendres par Mercure fut alors cousu dans la
cuisse de son père.
Esculape, fils d'Apollon et de la nymphe Coronis, fut tiré par Mercure du ventre de sa mère après qu'elle eut été tuée par Diane et placée sur un bûcher. Il fut nourri
par Trigone et élevé par le centaure Chiron qui lui apprit la médecine. (PERNETY, Dictionnaire
mytho-hermétique.)
9. Zétès vient de « Ζει̑ν » : bouillir. Les lois du symbolisme hermétique suggèrent donc de rattacher Calais à une racine désignant le froid. On songe à Χάλαζα: grêlon
(kalaïs servait aussi à nommer une pierre de la nuance de l'aigue-marine)
et aussi à l'allemand kalt: froid. Les deux jumeaux correspondraient ainsi à la
double fontaine de BERNARD LE TREVISAN dont M. MAIER a repris le symbolisme
(Emblème XL).
L'histoire de Phinée délivré des Harpyes figure dans les Argonautiques d'APOLLONIOS DE RHODES (II, 178 et sv.). L'Enéide contient un épisode semblable et nous apprend le
nom d'un de ces êtres sinistres: Celaeno, la noire. (Enéide, III, 192 et sv.)
10. Ἰάσων (Ἰἡσων chez HOMERE et dans la langue poétique c'est-à-dire sacrée) est interprété comme « médecin ». Cf ἰασις, guérison.
11. Le Vulturne (cf vultus, visage et vultur, vautour) était à Rome le vent du sud-est. Notus est le nom grec latinisé du vent du midi dont le nom latin est
auster. L'alchimie est souvent comparée à la Reine du (vent du) Midi (Basilissa Notou,
Regina Austri), la Reine de Saba « qui vint » (à Jérusalem) « entendre la sagesse de
Salomon ». (Cf. MATTHIEU, XII, 42.)
Cf. aussi JEAN DE LA CROIX, Cantico espiritual:
Detente te, cierzo muerto (aquilon de mort); Ven, austro, que recuerdas los amores. 12. La première des deux citations provient des Douze clés de la philosophie de BASILE VALENTIN, la seconde des Douze Portes de GEORGES RIPLEY.

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FUGA II. in Quinta, infrà.
La terre est sa nourrice
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II Epigrammatis Latini versio Gallica
On dit que Romulus téta une âpre louve, Jupiter, une chèvre, et que c'est assuré. Faut-il donc s'étonner si, selon nous, la Terre A nourri de son lait le tendre fils des Sages? Quand d'un faible animal le lait fit ces héros, Comme il sera donc grand, celui dont la nourrice Est le globe terrestre!
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EMBLEMA II. De secretis Naturae.
Nutrix ejus terra est.
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EPIGRAMMA II.
R Omulus hirta lupae pressisse, sed ubera caprae Jupiter, & factis, fertur, adesse fides: Quid mirum, tenerae S A P I E N T U M viscera PROLIS Si ferimus T E R R A M lacte nutrisse suo? Parvula si tantas Heroas bestia pavit, QUANTUS, cui NUTRIX TERREUS ORBIS, erit? C
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DISCOURS II

L ES péripatéticiens et les philosophes au jugement droit affirment
que la nourriture est changée en la substance du sujet nourri et qu'elle lui est assimilée après et non avant son altération.
Cet axiome est regardé comme très véridique. Comment
en effet la nourriture qui est déjà, auparavant, semblable et
identique au sujet nourri, aurait-elle besoin d'un changement de
sa substance ? Si un tel changement se produisait, la nourriture
ne demeurerait pas semblable et identique. Et comment les aliments
qui ne peuvent être assimilés par le sujet nourri, par
exemple le bois, les pierres et autres choses semblables, seraient-
ils pris comme nourriture ? Par conséquent la première de ces
opérations est sans objet et la seconde contraire à la nature.

Mais qu'un homme qui vient de naître soit nourri du lait des animaux, cela ne répugne pas à la nature: l'assimilation de ce
lait peut s'opérer, celle du lait maternel bien plus aisément,
toutefois, que celle d'un lait étranger. C'est pourquoi les médecins
concluent que l'enfant sera en bonne santé, semblable à sa
mère par la substance et par les moeurs et qu'il recevra la
vigueur, s'il est toujours réchauffé et élevé grâce au lait de sa
propre mère Leur conclusion est inverse s'il s'agit d'un lait
étranger. Telle est l'harmonie de toute nature: le semblable
trouve sa joie en son semblable (2) et imite ses pas en toutes
choses, autant qu'il le peut, selon une sorte de consentement, de
conspiration tacites. Il en va habituellement, dans l'oeuvre naturelle
des Philosophes, dont la forme est justement réglée par la
nature, comme pour l'enfant à l'intérieur du sein maternel. Et,
bien que son père, sa mère et sa nourrice elle-même lui soient

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assignés par voie de similitude, cette oeuvre, cependant, n'est
pas plus artificielle que la génération de n'importe quel animal.
Deux semences sont unies, suivant un certain procédé plein
d'attrait, par les animaux et par les deux sexes humains. Leur
union produit, par une altération successive, l'Embryon qui
croît et se développe, acquiert vie et mouvement, puis est nourri
de lait. Pendant la période de la conception et de la grossesse,
il est nécessaire que la mère agisse avec mesure en ce qui concerne
la chaleur, l'alimentation, le repos, le mouvement et le
reste. Sinon, il s'ensuit l'avortement et la destruction du foetus;
ce précepte, dans « les six choses non naturelles » (3) est également
artificiel, car il est prescrit par les médecins suivant leur
art. De même, si les semences n'ont été unies dans l'oeuvre
philosophique, il faut qu'elles le soient. Et si on les trouvait, en
quelque endroit, unies de la même manière que, dans l'oeuf, les
semences du coq et de la poule sont regardées comme une seule
substance ensemble dans un seul contenant, l'oeuvre des philosophes
serait alors encore plus naturelle que la génération des
animaux. Et disons, comme les philosophes l'attestent, que l'un
vient de l'Orient et l'autre de l'Occident (4) et qu'ils deviennent
une seule chose; que leur fournit-on de plus que le mélange
dans leur vase, la chaleur, la juste proportion, et la nourriture?
Le vase, il est vrai, est artificiel, mais il n'existe pas de différence
selon que le nid est l'oeuvre de la poule ou qu'il est édifié
par la fermière en un certain endroit mal déterminé (comme
c'est l'usage): la génération des oeufs se produira de la même
manière, ainsi que l'éclosion des poussins

La chaleur est une chose naturelle, qu'elle provienne soit du feu modéré des fourneaux ou du fumier de la putréfaction,
soit du soleil et de l'air, des entrailles de la mère ou d'ailleurs.
Ainsi, l'Egypte applique avec art, au moyen de ses fourneaux,

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la chaleur naturelle pour faire éclore les oeufs. On recueille des
semences de bombyx et même des oeufs de poule que l'on a fait
éclore grâce à la tiédeur des seins d'une vierge. Ainsi l'art et la
nature se prêtent mutuellement la main de manière que chacun
soit le substitut de l'autre. Néanmoins la Nature demeure la
Maîtresse et l'art le serviteur.

MAIS POURQUOI LA TERRE (5) est-elle déclarée nourrice du Fils des Philosophes ? Un doute sur ce point pourrait naître du
fait que la terre est, parmi les éléments, aride et sans aucun
suc, elle qui possède la sécheresse comme qualité propre. Il
faut répondre qu'on l'entend ici, non de l'élément mais de la
terre élémentée dont nous nous sommes abondamment souvenu
et avons expliqué la nature au premier jour de la Semaine philosophique.
Elle est la nourrice du Ciel (6), nourrice qui ne dissout,
ne lave ni n'humecte le foetus, mais le coagule, le fixe, le
colore, le change en suc et en sang pur. Car la nutrition comprend
l'augmentation en longueur, largeur et profondeur (7), c'est-
à-dire celle qui s'étend suivant toutes les dimensions du corps
Comme elle existe ici, fournie au foetus philosophique par la
seule terre, celle-ci devra, à bon droit, être appelée du nom de
nourrice. Mais cet admirable suc de la terre produit un effet
contraire à celui des autres espèces de lait qui sont changés et ne
changent pas. Car, grâce à sa vertu très puissante, il modifie
grandement la nature du sujet nourri, de même que, selon l'opinion
admise, le lait de la louve a disposé le corps de Romulus
en vue d'une nature hardie et prompte à la guerre.


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1. La chèvre Amalthée. 2. Cette sentence, reprise dans l'épigramme X, est une variante de la formule: « La nature se réjouit de la nature ». Nous nous trouvons en présence d'un fragment de
l'adage de Démocrite: « La nature est réjouie par la nature, la nature vainc la
nature, la nature maîtrise la nature ». (Ἡ φύσις τή φύσει τέρπεται, καἰ ὴ φύσις τὴν φύσιν
νικα̑, καἰ ἡ φύσις τὴν φύσιν κρατει̑. BERTHELOT: Collection des anciens alchimistes grecs
1, p. 43). Synésius déclare que Démocrite avait recueilli cet enseignement à Memphis
auprès du grand-prêtre Ostanès (op. cit. p. 57).

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3. C'est vraisemblablement le titre d'un traité médical. L'épithète « non naturelle » évoque le nom d'opus contra naturam qui est parfois appliqué au grand oeuvre.
4. Cf Emblème XLVII. 5. Texte: CUR VERO TERRA. Cette mise en relief indique un double sens. Il faut lire : « Cor verum terra. » (La terre est le coeur véritable.) C'est le moment de rappeler
le célèbre texte de Plutarque, qui fournit l'étymologie du mot alchimie: « La
partie la plus noire de la terre d'Egypte, semblable au noir de l'oeil, est appelée par
eux chêmia, et ils la comparent au coeur. » (De Iside et Osiride, ch. 33.) L'alchimie
occidentale n'a cessé d'être dominée par le spectacle grandiose du Nil, fleuve divin,
submergeant ses rives au moment où le soleil entre dans le signe du Lion et où la
chaleur atteint son point extrême (Canicule), pour féconder la terre noire et engendrer
l'or du froment. L'obtention de l'épi était un des rites majeurs des mystères
d'Eleusis, héritiers de ceux de l'Egypte. (Voir Victor MAGNIEN: Les Mystères Grecs,
Payot, Paris.) De même Marie, figurée par des vierges noires, a mis au monde le
soleil de justice. (Antienne des IIe vêpres de la Nativité de la Vierge.)
6. « La terre étant pesante supporte toutes choses, car elle est le fondement du ciel tout entier » (Aurora consurgens I, XI). « La terre est vivante et aérienne dans
notre oeuvre. Elle vivifie le ciel et lui fournit tout ce qui lui manque, à savoir les
vertus terrestres: constance, préservation de la corruption et de la fuite » (M. MAIER,
La Semaine philosophique, 1er jour).
7.Comparer: « Afin que vous puissiez comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur. » (Ephèsiens III, 18.) Cf. aussi
Eph. IV, 16.

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**** A T T E N T I O N ****

Fin du texte de ce document, ce document étant sujet à droits d'auteur.

**** A T T E N T I O N ****



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TABLE DES EMBLEMES

I. Le vent l'a porté dans son ventre. II. La terre est sa nourrice. III. Va trouver la femme qui lave du linge; toi, fais comme elle. IV. Unis le frère à sa soeur et fais-leur boire le breuvage d'amour. V. Place le crapaud sur le sein de la femme pour qu'elle l'allaite et meure, et que le crapaud soit gros de ce lait. VI. Semez votre or dans la terre blanche feuillée. VII. L'oisillon s'envole de son nid et y retombe. VIII. Prends l'oeuf et frappe-le avec un glaive de feu. IX. Enferme l'arbre et le vieillard dans une maison pleine de rosée; ayant mangé du fruit de l'arbre, il se transformera en jeune homme. X. Donne du feu au feu, du mercure à Mercure et cela te suffit. XI. Blanchissez Latone et déchirez vos livres. XII. La pierre que Saturne avait dévorée à la place de son fils Jupiter et qu'il avait vomie est posée sur l'Hélicon, monument pour les mortels. XIII. L'airain des Sages est hydropique et il veut être lavé sept fois dans le fleuve, comme Nanman le lépreux dans le Jourdain. XIV. Voici le dragon qui dévore sa queue.
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XV. Que l'oeuvre du potier, qui se compose de sec et d'humide, t'instruise. XVI. Les plumes dont l'un de ces Lions est dépourvu, l'autre les possède. XVII. Le quadruple globe régit cette oeuvre du feu. XVIII. Le feu aime à enflammer, l'or à transformer en or. XIX. Si des quatre tu en fais périr un, aussitôt tous seront morts. XX. La nature enseigne à la nature à combattre le feu. XXI. Du mâle et de la femelle fais un cercle, puis, de là, un carré et ensuite un triangle; fais un cercle et tu auras la Pierre des Philosophes XXII. Après t'être procuré du plomb blanc, opère l'oeuvre des femmes, c'est-à-dire CUIS. XXIII. Il pleut de l'or tandis que Pallas naît à Rhodes et que le Soleil partage la couche de Vénus. XXIV. Le loup a dévoré le roi et, consumé, il l'a rendu à la vie. XXV. Le dragon ne meurt que s'il est tué par son frère et sa soeur qui sont le soleil et la lune. XXVI. Le fruit de la sagesse humaine est l'arbre de vie. XXVII. Celui qui tente d'entrer sans clé dans la roseraie des philosophes est comparé à un homme qui veut marcher sans pieds. XXVIII. Le roi se baigne, assis dans le bain laconien; il est délivré de sa bile par Pharut. XXIX. Comme la Salamandre la Pierre vit du feu. XXX. Le soleil a besoin de la lune comme le coq de la poule. XXXI. Le roi nageant dans la mer crie d'une voix forte: Qui me sauvera obtiendra une récompense merveilleuse.
XXXII. Comme le corail croît sous les eaux et durcit à l'air, ainsi fait la Pierre. XXXIII. L'Hermaphrodite, semblable à un mort et gisant dans les ténèbres, a besoin de feu. XXXIV. Elle est conçue aux bains, naît dans l'air et, devenue rouge, marche sur les eaux.
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XXXV. Par Cérès et Thétis, leurs mères, Triptolème et Achille furent accoutumés à rester dans le feu. L'artiste agit de même avec la Pierre. XXXVI. La Pierre a été projetée à terre et exaltée sur les montagnes; elle habite dans l'air et se nourrit dans un fleuve qui est le Mercure. XXXVII. Trois choses suffisent pour le Magistère: la fumée blanche, qui est l'eau, le lion vert ou airain d'Hermès et l'eau fétide. XXXVIII. Le Rébis, comme Hermaphrodite, naît de deux montagnes:
celle de Mercure et celle de Vénus. XXIX. Oedipe, ayant vaincu le sphinx et mis à mort son père Laïus, fait de sa mère son épouse. XL. Des deux fontaines fais-en une seule: ce sera l'eau de sainteté. XLI. Adonis est tué par un sanglier; Vénus accourt vers lui et teint les roses de sang. XLII. A celui qui est versé dans la Chimie, la nature, la raison, l'expérience et la lecture doivent tenir lieu de guide, de bâton, de lunettes, de lampe. XLIII. Prête l'oreille au vautour qui parle: il ne te trompe nullement. XLIV. Typhon tue Osiris par traîtrise et disperse ses membres, mais l'auguste Isis les rassemble. XLV. Le soleil et son ombre achèvent l'oeuvre. XLVI. Deux aigles venus l'un de l'Orient, l'autre de l'Occident se rencontrent. XLVII. Le loup d'Orient et le chien d'Occident se sont mutuellement mordus. XLVIII. Le roi, ayant bu des eaux, a contracté un mal et, soigné par les médecins, il obtient la santé. XLIX. L'enfant des philosophes compte trois pères, comme Orion. L. Le dragon tue la femme et la femme le dragon; tous deux sont inondés de sang.
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INDEX

Absolu 13 Bacchus 63, 321 Achille 94, 264 Bain 260 Adepte 13, 281 Bain laconien 222, 225 Adonis 300-303, 318, 321 Basile Valentin 62, 105, 356 Aigle 46, 99, 110, 330-334 Basilic 88 Aimant (des sages) 119, 243 Battus 190 Airain (des sages) 130, 132, 135, 279 Bayle 24 n Alambic 261 Beïa voir Beya Alcmène 51 Bernard Le Trévisan 63, 226, 346 Alun de plume 74 Berthelot (Marcelin) 68 n, 87, 167, Amalthée 197 191, 257 Ambre 249 Beya 81, 178 Andromède 178 Bezoar (Pierre) 245, 338 Antimoine 81, 165 Blancheur 129-130 Apollon 46, 51, 63, 95, 113, 190, 293, Boodt (Anselme Boèce de) 73, 88,
333, 348. 245 Apollonios de Rhodes 63, 275 Borée 59-63, 246 Araignée 85 Boschius 358 Arbre 108, 113, 115, 210
Argo 143, 368 Cadmus 140, 172 Argonautes 62 Cambar 160 Argus 274 Caput mortuum 23 Ariane 38, 87 Cendres 100 Arislée 81 Cérès 93, 264, 267 Arnaud de Villeneuve 74, 129, 130, Chapiteau 280 188, 267 Chien 57 n, 336-340 Arthephius 160 Chiron 63, 94 Atalante 43, 321 Christophe 51 Athéné 21, 87, 103, 192, 196, 218 Christophe (St) 310 Auriger 32 Cinabre 161 Ausone 317 n Circé 31, 74, 251 Avicenne 46, 164, 338 Cléopâtre 85, 87 Autruche 99 Coction 238
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Comarios 87 Geber 148, 188, 232, 239, 345 Corail 246-250 Gorgone 21 Corbeau 312, 316 Graisse (de Lion) 280 Cormoran 105 Greverus (Jodocus) 81, 94 Couronne 243-244, 293 n Griffon 101 Crapaud 46, 82, 84-86
Craven (J. B.) 35n Hadès voir Pluton Cybèle 43 Harpocrate voir Sigalion Cypris 43, 300 Hélène 269 Hélicon 126 Dante 63, 367 n Heraclite 101, 137 Déméter 251, 269, 310 n Hercule 51, 87, 153, 178, 321 Démocrite 129, 327 Hermaphrodite 252-256, 282 Diane 55, 332 Hermès 143, 190, 316, 348 Dionysos 61, 93, 302, 318 Hésiode 129, 142, 173, 317 n Discorde 117 Hespérides (Jardin des) 18, 44, 56, Dragon 138-142, 170, 204-209, 219, 88, 219 354-358 Hippocrate 98 Duenech 72, 223, 225, 279 Hippodamie 49, 323 Hippomène 44, 56, 321 Eau divine 44 Horapollon 87, 142 -- fétide 278 Horus 368 -- de vierge 294 Huile 135, 137 n Eliot (T. S.) 16 Huile incombustible 75 Elixir 23 Huile de Mars 75 Empédocle 117 Huile de talc 188 Epée de feu 102 Huile de verre 310 n Eponge 118, 140
Esculape 56, 207, 321, 332 Ibis 141 Espagnet (Jean d') 37, 362 Immusulus 315 Etain 63, 129, 188 Isaac le Hollandais 72, 147 Eudica 177 Isis 302, 304 n, 318, 368
Ferment 166 Jason 30 n, 62, 87, 172,195, 206, 321 Feu 156-161, 162, 174, 252 Jean de la Croix 63 Ficin (Marsile) 111 Jung (C. G.) 19, 20-22, 29, 30 n, 36 n, Fiel de verre 177 37 n, 57 n, 113, 154, 358 n Fils des Sages 66 Jupiter 63, 188, 190 n, 192 Flamel (Nicolas) 87
Fludd (Robert) 28 Khunrath (Henri) 24 Fulcanelli 16, 18, 38 n, 44, 51, 75
81 87, 221 369 Lait 66, 82, 84 Fumée 60-61 Lait de vierge 165 Fumée blanche 276, 280 Laïus 288 Fumier 93, 261 Latone 120, 123-124, 236-237, 321, Fumier de ventre de cheval 95 332 Lion 150-154 Gabertin voir Gabritius Lion vert 276-278 Gabritius 81, 303 Lion rouge 153
380

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Loup 198-203, 336-340 Pasiphaë 87 Lulle (Raymond) 60, 105, 141, 156, Pausanias 148 n, 220 n 157, 279, 296, 351 Pégase 119 n, 278, 286 Lune 156, 234-239 Pélops 49, 51, 320 Pernéty (Dom Antoine-Joseph) 26, Macrobe 154 n 37, 63, 95, 154 n, 321 n, 362 Marie la Juive 191 Persée 178, 320, 322 Marmite philosophique 189, 190 Perséphone 251, 302, 310 n Médecine naturelle 33 Phénix 25, 255, 317 n Médecine des Sages 308 Philothésie 76, 80 Médecine universelle 25, 304 Pierre 11 n, 17, 23, 134, 228, 270- Médée 206, 273 274, 293, 315 Mercure 57 n, 60-61, 114, 141, 154 n, Pierre chymique 126 156, 188, 207, 274 Pierre magnétique 243 Mer Rouge 89, 243 Pierre philosophale 147 Meyrink (Gustave) 27 Pierre non-pierre 30 Midas 359 Pierre de scandale 34 Minotaure 87 Pierre végétale 248 Miroir 165 Pierre de victoire 44 Moly 275 Pierres jumelles 36 Morien le Romain 125, 129, 177, Pindare 196, 275 214, 272, 285, 316 Platon 38 n, 54, 95, 182, 185 Myrrha 300, 303 Pline le Naturaliste 88, 176, 255, 314 Naaman 132, 134 Plomb 165 Newbridge (Guillaume de) 86, 87 Plomb blanc 125, 186 Nietzsche (Frédéric) 21-22 Plomb rouge 125 Noir 16, 128-129 Pluie d'or 194 Plume 30 voir aussi Alun Oedipe 288-293, 303 Plutarque 63, 69, 73, 366 n Oeuf 102, 104 Pluton 251 Oeuvre du diable 12 Potier 144 Oeuvre (grand) 57 Poudre (de projection) 23 Oeuvre physique 12 Poudre de serpent brûlé 142 Oeuvre solaire 13 Poudre de verre 177 Oiseau 97 Poulpe 138 Oiselet 102 Proserpine voir Perséphone Ombre du soleil 324-328 Putréfaction 129, 261 Oppenheimer (Robert) 11, 12 Pyrrhus 94, 178 Or 195, 366 Pythagore 54, 95 Or potable 44, 359 Pythie 49, 51, 333 Or (semence de l') 166 Python 332-333 Orion 348-352
Orphée 17, 24, 63, 74, 333 Quadrature 184 Orpiment 160 Quintessence 279, 298 Osiris 93, 302, 303, 318, 320
Ovide 44, 190, 257 Rébis 208, 282-287 Rédemption 12 Paracelse 19, 112 Rhasis 316
381
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Riplée ou Ripley (Gorges) 62, 156 Thétis 94, 264 Roi 198, 203, 240-244, 344 Tirésias 255, 257 Roquetaillade (Jean de) 113 Toison d'Or 62, 140, 196, 206 Rose-Croix 31-35 Trépied 49 Rosée 108, 118 Triptolème 264 Rosencreutz (Christian) 32 Truite 186 Roseraie des Sages 216 Typhon 170, 302, 304 n, 318, 321 Ruc (oiseau) 102
Ruland (Martin) 27 Ulysse 30, 87, 142, 227, 321 Rupescissa voir Roquetaillade Urine 131 Urine d'enfants 129, 294 Sagesse 14, 38, 211, 368 Urine des dieux 352 n Salamandre 73, 228-233
Sandaraque 366 Vase 194 Saturne 44, 126-130, 186, 191, 303, Vase d'Hermès 189 304 Vautour 312, 314 Scarabée 86 Vénus 44, 282, 302 Seth 304 n Verre 14, 147 Sigalion 33 Vert 279 Socrate 20, 284 Vieillard 108, 110 Soufre 61, 160, 220 Vinaigre 118 Stolcius de Stolcenberg 44 Vinaigre très aigre 129 Vipère 110 Talc 124 Virgile 17, 30 n, 44, 113, 215, 316 Talc (huile de) 188 Vitriol 310 n Teinture (philosophique) 256 Volatil 100 Terre 64, 68 Vulcain 49, 94, 115, 156, 218, 231, Terre feuillée 90 348 Terre de St-Martin 86, 87
Terre de Saturne 44 Zeus 51 Thériaque 297 Zosime 191, 257 Thésée 87




IMPRIMERIE LABADIE -- EVREUX Dépôt légal: 3e trim. 1969 -- N° 953 --------------------------------------------------------------
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