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Réfer. : 0808 .
Auteur : Geber.
Titre : La Somme de la Perfection. Tome 1.
S/titre : ou l'Abrégé du Magistère Parfait. Tome 1.

Editeur : Guy Trédaniel.
Date éd. : 1992 .
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**** A T T E N T I O N ****

Ce document étant sujet à droits d'auteur, n'est composé que du début, et des tables éven-
tuelles. Reportez-vous aux références ci-dessus
pour vous le procurer.

**** A T T E N T I O N ****



La Somme de la Perfection ou l'abrégé du Magistère Parfait de GEBER, philosophe arabe
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OEuvre Chymique de Geber
La Somme de la Perfection
ou l'abrégé du Magistère Parfait
LIVRE PREMIER

pict
GUY TRÉDANIEL ÉDITEUR 76, rue Claude Bernard 75005 Paris
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Déjà parus chez le même éditeur:

Collection « OEuvres Chymiques »

Bernard Le Trévisan
Henri de Lintaut, L'Aurore suivie de l'Ami de l'Aurore.
George Ripley, Les Douze Portes d Alchimie, la Vision du
Chevalier George, le Traité du Mercure. Anonyme, Traité sur la Matière de la Pierre des Philosophes en
général. Jean Pontanus. Epître du feu philosophique.
Le Livre de Roussinus sur la Pierre des Philosophes, commentaires,
introduction et explication des figures par Bernard Biebel .
Collection « Les Symboles d'Hermès »

Séverin Batfroi, Du Chaos à la Lumière, 230 pages, 32 planches
h.t. Guy Béatrice, Le Vaisseau du Salut et l'Or des alchimistes, préface
de Jacques d'Arès, 260 pages, 12 planches h.t. Betty J. Teeter Dobbs, Les fondements de l'Alchimie de Newton.
Guy Béatrice, Des Mages alchimistes à Nostradamus.
Andrée Petibon. L'Alchimie mystique au seuil de l'ère du
Verseau.

ISBN: 2-85707-542-1 (c) Editions de la Maisnie, 1992.
Tous droits de reproduction, traduction et adaptation
réservés pour tous pays
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Introduction à « La Somme de la Perfection » de Géber,
par Charles-Gustave BURG.

Le prétendu Géber, selon l'abbé Lenglet du Fresnoy *, est « l'un des Chefs et des plus habiles
Ecrivains de la Philosophie Hermétique » après
Hermès. Salmon place la traduction de « La
Somme de la Perfection " à la suite des Livres
d'Hermès et du Dialogue de Marie et d'Aros, dans
le premier volume de sa précieuse « Bibliothèque
des Philosophes chimiques

Les plus anciens, les meilleurs auteurs de la Science Hermétique citent Géber comme leur Père
et leur Maître. Rhasès, Avicenne, Khalid, nombre
de médecins et alchimistes arabes postérieurs au
neuvième et au dixième siècle parlent de lui avec
vénération. Cardan le situe au nombre des douze
plus subtils génies du monde. Roger Bacon l'appelle
« magister magistrorum ». le maître des
maîtres. Kunrath, dans son « Amphithéâtre de
l'Eternelle Sapience », parle également du « Roi
Geber ". Les alchimistes le tiennent en grande
estime, et les chimistes l'invoquent comme un
oracle. Voilà ce que dit de Géber le Dr Hoefer.
savant auteur d'une « Histoire de la chimie

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* Ouvrage cité en fin d'introduction
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8 OEUVRE CHYMIQUE
« ... il mérite d'être mis au premier rang parmi les
chimistes ou alchimistes, antérieurs à Van-
Helmont ». Et aussi: « Géber est pour l'histoire de
la chimie ce qu'Hippocrate est pour l'histoire de la
médecine ». Cette appréciation est méritée si l'on
voit en Géber un alchimiste arabe du VIIIe siècle,
et l'on peut ainsi lui attribuer, dans le domaine de
la chimie, plusieurs découvertes importantes,
notamment la préparation de l'acide nitrique et de
l'eau régale. (Plusieurs auteurs parlent d'acide
sulfurique et d'acide azotique). En fait, l'apport de
Géber à la chimie est moindre, et nous allons voir
plus loin pourquoi. Le grand prestige dont
jouissait l'alchimie arabe jusqu'à la fin du XIXe
siècle est la conséquence logique de l'attribution à
Geber de ces découvertes.

Du personnage lui-même, nous ne savons rien. Son nom, même, reste hypothétique, et l'on peut
aussi bien l'appeler Djaber, Djâbir Ibn Hayyân (ou
Hajjan), que Yeber, Giaber ou Géber. Hoefer dit
également Djabar Al-Koufi. Il aurait vécu dans la
seconde moitié du VIIIe siècle, ou dans la première
moitié du IXe. S'il fallait en croire ses écrits,
malheureusement apocryphes pour la plupart, il
aurait été le contemporain de l'iman Djafar, lequel
est mort en 765. L'origine de Geber est encore
plus incertaine: on le disait natif de Koufa, sur
l'Euphrate; de Haran, en Mésopotamie; de Thus,
ville du Khorasan, province de la Perse; de Grèce,
et même d'Espagne. Cette dernière indication
provient d'une confusion entre homonymes. Un
Géber, en effet, astronome arabe qui vivait au XIIe
siècle, était né à Séville. Le Géber qui nous préoccupe
peut néanmoins se targuer de différents
patronymes: Roi de l'Inde, Tousensis souficus,
etc. On l'a même appelé Abou Moussah-Djafar
Al Sofi, sans doute par rapprochement avec l'iman

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GEBER 9
Djafar-le-Juste, qui par ailleurs s'occupait
d'alchimie, et Sofi parce que Géber était soufi.

Cette diversité d'interprétations permet évidemment de douter des cinq cents ouvrages que l'on
attribue à Géber, le plus célèbre de tous les
alchimistes musulmans.

Cette grande notoriété dont il jouit toujours, Géber la doit donc uniquement à son oeuvre
maîtresse: « La Somme de la Perfection ". Quand
Bernard le Trévisan, Adepte du XVe siècle dont
nous avons déjà présente l'oeuvre *, se plaint
d'avoir dépensé deux mille écus et plus pour
acquérir le « livre » de Géber, c'est assurément de
la « Somme » qu'il parle. C'est dire combien le
Moyen Age tenait le traité de Géber en haute considération.

La « Somme " est une oeuvre magistrale à placer parmi les plus importants écrits
alchimiques. Elle nous est connue dans plusieurs
versions manuscrites rédigées en latin. Le
manuscrit 6514 de la Bibliothèque Nationale, écrit
aux environs de l'an 1300, en contient deux copies
(fol. 61-83 et 174-186). Ces copies sont complètes
et conformes aux textes imprimés, sauf variantes,
nous dit Marcellin Berthelot qui a vérifié cette
conformité dans le détail. Ce manuscrit de Paris
est à peu près identique avec le manuscrit du
Vatican **.

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* Oeuvre chymique de Bernard le Trévisan, ed. Guy Trédaniel, 1976.
** Ce manuscrit du Vatican a été Imprimé sous le titre: Geberi philosophi perspicacissimi Summa perfectionis
magisterii in sua natura, ex bibliothecae vaticanae exemplari
emendatissimo nuper édita Rome. s. d. (entre 1490 et 1520
selon Hoefer), in-12. Cette édition, fort rare, a été réimprimée
en 1682 à Dantzick sous le titre : Summa perfectionis magisterii

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10 OEUVRE CHYMIQUE
Les sources manuscrites de la « Somme » sont donc connues en langue latine, et non en arabe.
Les principaux traités attribués à Géber * sont en
latin, s'il faut en excepter quelques rares écrits en
arabe connus en occident, mais qui sont
pratiquement tous apocryphes. Il restait cependant
plusieurs manuscrits arabes dans les bibliothèques
de Paris et de Leyde. Lenglet du Fresnoy s'étonnait
déjà de ce qu'ils ne fussent jamais traduits.
Marcellin Berthelot les a fait traduire pour les

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in sua natura libri IV, cum additione ejusdem Gebri reliquorum
tractatuum, nec non Avicennae. Merlini et aliorum
opusculorum similis argumenti, in-8. Cette édition est
reproduite dans le tome I de la bibliothèque de Manget, et dans
le Gynaeceum chimicum. vol. I: lugd. 1679. in-8. Salmon l'a
traduite en français sous le titre que nous reprenons dans la
présente édition. La Summa a été transcrite sous plusieurs
titres: Summa collectionis complementi secretorum naturae, et
plus simplement: Summa perfectionis magesterii. Les copies,
cependant, restent identiques et fidèles aux manuscrits latins.

* Voici la liste de ces principaux traités attribués à Geber : De Investigatione perfectionis; De inventione veritatis: Liber fomacum: tous trois in Artis chemicae principes (Bâle, 1572)
Ce ne sont que des extraits et résumés de la Summa.
Testamentum Geberi regis Indiae: Alchimia Geberi: ce sont d'après M. Berthelot des apocryphes postérieurs à la Summa.
écrits au cours du XIVe siècle. Les préparations décrites dans
l'Alchimie sont inconnues des auteurs du XIIe siècle et ne se
trouvent pas dans la Summa (acide nitrique, eau régale, nitrate
d'argent).
Hoefer ajoute à cette liste le Compendium: le Fragmentum de triangulis sphaericis: le Libri de rebus ad astronomiam pertinentibus
(qui est peut-être l'oeuvre de l'astronome arabe Geber.
né en Espagne). Dans sa « Bibliotheca chimica. Paris. 1654.
Borel signale un manuscrit dont le titre est Liber claritatis
alchemiae »
Enfin, un petit traité fait suite à la Somme de la perfection dans l'édition de G. Horn (Leyde. 1668). Il est intitulé Liber in-

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Fin du texte de ce document, ce document étant sujet à droits d'auteur.
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TABLE DES CHAPITRES DE LA SOMME DE GEBER et des principales choses qui y sont contenues.


LIVRE PREMIER

AVANT-PROPOS ET CHAPITRE I Page 27
De la manière d'enseigner l'Art de Chimie, et de ceux qui sont capables de l'apprendre.
1. Il a réduit en Abrégé dans cette Somme ce qu'il
avait ramassé en ses autres Ecrits, des Livres des Anciens, et tout le Procédé de L'Art s'y trouve suffisamment expliqué. 2. Celui qui veut s'appliquer à cette Science doit
connaître les Principes dont la Nature se sert pour former les Minéraux. 3. Il ne peut pourtant pas imiter la Nature en
toutes ses Opérations.
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226 OEUVRE CHYMIQUE

CHAPITRE II. Page 31

Division de ce Livre en quatre Parties.
1. Des obstacles et empêchements que l'Artiste
peut avoir, et quelles qualités il doit avoir. 2. Raisons des Sophistes qui nient l'Art, et leur
Réfutation. 3. Explication des Principes dont la Nature se sert
à former les Métaux. 4. Des Principes artificiels, c'est-à-dire des
Opérations dont l'Artiste se doit servir pour l'Oeuvre.


PREMIERE PARTIE DU PREMIER LIVRE
Des Empêchements de cet Art.

CHAPITRE III. Page 33

Division des Empêchements.
Ils viennent :
1. De l'impuissance naturelle de l'Artiste considérée,
ou de la part du Corps, ou de la part de l'Esprit. 2. De sa pauvreté.
3. De ses occupations.


CHAPITRE IV. Page 34

Empêchements à l'Oeuvre, qui peuvent venir de la mauvaise disposition du Corps de l'Artiste.
L'Artiste devant être le Ministre de la Nature, ne
saurait faire les travaux nécessaires s'il est aveugle, estropié, malade, ou dans la décrépitude.
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GEBER 227

CHAPITRE V. Page 36

Des Empêchements qui viennent de l'Esprit.
1. Un Homme stupide et qui ne peut rien
concevoir, ne pouvant faire aucune recherche. est incapable de cette Science. 2. Et quoique l'on ait bon esprit, si l'on est trop
aheurté à son sens, et trop opiniâtre en ses résolutions, on n'y fera rien non plus. 3. Il en sera de même si l'on a l'esprit faible et
changeant à tout moment. 4. Si l'on est prévenu contre la Science.
5. Et si l'on est esclave de son argent, et que l'on
ne veuille pas faire la dépense nécessaire.

CHAPITRE VI. Page 39

Des Empêchements extérieurs.
Ils se prennent, ou de l'indigence de l'Artiste, qui
ne peut faire les dépenses nécessaires, ou de ses occupations et de ses soins qui l'embarrassent, et qui l'empêchent de vaquer à l'étude et au travail.

CHAPITRE VII. Page 41

Quel doit être l'Artiste.
1. Il doit savoir la Philosophie naturelle, et surtout
avoir la connaissance des Minéraux et des Métaux. 2. Avoir un esprit vif et pénétrant pour découvrir.
3. Etre ferme et résolu en ce qu'il sait, sans
varier: l'Art ne consistant point dans la pluralité des choses, puisqu'il n'y a qu'une Pierre, qu'une Médecine et qu'un seul Régime. 4. Etre modéré et sans aucune passion violente.
5. Il doit épargner son argent, et ne le pas consumer

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228 OEUVRE CHYMIQUE
mal à propos en de folles dépenses; parce qu'il n'en faut presque point faire pour l'Oeuvre. 6. Et ne point s'amuser aux impostures et aux
Sophistications, de peur d'attirer la malédiction de Dieu, qui le punirait infailliblement des tromperies qu'il ferait aux autres.


SECONDE PARTIE DU PREMIER LIVRE
Où sont rapportées et réfutées les raisons de ceux qui nient l'Art de Chimie.

CHAPITRE VIII. Page 47

Division de ce qui sera contenu en cette seconde Partie.
1. Il apportera les raisons qu'allèguent ceux qui
nient la possibilité de l'Art. 2. Il les réfutera, et il parle auparavant des Principes
des Métaux.

CHAPITRE IX. Page 49

Raisons de ceux qui nient simplement l'Art.
Ils en rapportent dix différentes. qui sont
clairement expliquées et aisées à comprendre. Il faut seulement remarquer ici une Maxime, qui
est: Il n'y a que la chaleur douce et modérée qui puisse épaissir l'Humidité Mercurielle, et la réduire en Corps. et la chaleur trop violente la dissipe et la détruit.
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GEBER 229

CHAPITRE X. Page 57

L'Art ne doit et ne peut pas imiter exactement la Nature en toute l'étendue de ses différentes actions;
où il est parlé des Principes des Métaux.
Une Matière humide ne peut s'épaissir, que ses
parties les plus subtiles ne s'évaporent, et que les plus gluantes ne demeurent. Ce qui se fait lentement et dans l'espace de
plusieurs années. Le véritable et l'exact mélange du Sec et de
l'Humide consiste en ce que le Sec tempère l'Humide, et l'Humide tempère le Sec, et que des deux il ne s'en fasse qu'une seule et même Substance, dont les parties soient toutes homogènes, c'est-à-dire toutes semblables et de même nature. On ne peut imiter la Nature dans l'épaississement
qu'elle fait des Métaux, ni dans le mélange et la proportion des Eléments, ni dans le degré de chaleur dont elle se sert pour cela.


CHAPITRE XI. Page 61

Réfutation des raisons de ceux qui nient l'Art absolument.
Dieu a diversifié les perfections de ses Créatures
en donnant à celles de qui la composition est faible, une plus noble et plus grande perfection par le moyen de l'âme qu'elles ont. Et à celles dont la composition est plus forte, comme sont les Pierres et les Métaux, il leur a donné une perfection beaucoup moindre et moins noble, puisqu'elle ne consiste que dans la seule manière de leur mixtion, qui est plus resserrée.
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230 OEUVRE CHYMIQUE
Les Espèces se changent les unes en les autres
lorsqu'un Individu d'une Espèce se change en l'Individu d'une autre, comme lorsque d'un Ver, il s'en forme une Mouche. Les Philosophes ne sont que les Ministres de la
Nature. Ainsi ils ne transmuent pas les Métaux; c'est la Nature, à laquelle, par leur artifice, ils préparent et disposent la Matière.

CHAPITRE XII. Page 71

Divers sentiments de ceux qui supposent l'Art véritable.
Les opinions fausses des Sophistes sont capables
de détourner du bon chemin ceux qui étudient la Science. On ne doit pas traiter de la Science en des termes
qui soient tout à fait obscurs, et l'on ne doit pas aussi l'expliquer si clairement qu'elle soit intelligible à tous.

CHAPITRE XIII. Page 75

Raisons de ceux qui nient que l'Art soit dans le Soufre.

CHAPITRE XIV. Page 77

Réfutation de ce qu'on vient de dire dans le Chapitre précédent.
Le Soufre adustible, ou brûlant et volatil, gâte et
corrompt les Corps ou Métaux.

CHAPITRE XV. Page 79

Raisons de ceux qui nient que l'Arsenic soit la Matière de l'Art et leur Réfutation.
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GEBER 231

CHAPITRE XVI. Page 87

Raisons de ceux qui nient que la Matière de l'Art soit dans le Soufre,
l'Argent-vif, la Tutie, la Magnésie, la Marcassite,
le Sel Ammoniac, et leur Réfutation.
La dernière perfection de la Médecine est d'être
entrante et pénétrante. L'Argent-vif et la Tutie n'ont point de Soufre
adustible ou inflammable. Tous les Esprits ont de la volatilité; mais les uns
plus que les autres. Les voici par ordre, en commençant par ceux qui sont les plus volatils, et finissant par ceux qui le sont moins, l'Argent-vif et le Sel Ammoniac, le Soufre, l'Arsenic, la Marcassite, la Magnésie, la Tutie. La volatilité des Esprits est ce qui a trompé tous
ceux qui ont travaillé sur eux.

CHAPITRE XVII Page 84

Raisons de ceux qui nient que la Matière de l'Art soit dans les Esprits,
conjointement avec les Corps qu'ils doivent fixer.

La transmutation des Corps ne se peut faire que
par les Esprits.
CHAPITRE XVIII. Page 87

De ceux qui nient que la Matière de l'Art se trouve dans les Corps,
et premièrement dans le Plomb blanc, ou l'Etain,
qu'on appelle Jupiter, et leur Réfutation.

Moyen d'ôter le cric à ce Métal, et de l'endurcir.


CHAPITRE XIX. Page 90

Raisons de ceux qui nient que l'Art soit dans le Plomb.
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232 OEUVRE CHYMIQUE

CHAPITRE XX. Page 92

Raisons de ceux qui soutiennent que l'Art n'est pas le mélange des Corps durs avec les durs, et des mous avec les mous.
Pour mêler du Cuivre avec de l'Or ou de l'Argent,
il ne devient pas Or ni Argent.

CHAPITRE XXI. Page 94

Pourquoi ceux qui ont mêlé les Corps durs avec les mous,
et les parfaits avec les imparfaits, ont nié la Science.

CHAPITRE XXII. Page 96

Que l'Art ne se trouve ni dans l'extraction de l'Ame (ou Teinture),
ni dans le Régime du feu.

CHAPITRE XXIII. Page 97

Raisons de ceux qui soutiennent que l'Art n'est ni dans le Verre, ni dans les Pierreries.
Ce qui n'entre point dans les Corps ou Métaux, ni
ne les pénètre, ne peut y faire aucun changement. Ainsi ce qui n'est pas véritablement fusible, ne pouvant entrer dans les Métaux, ne les peut altérer ni changer. Il ne faut pas s'étonner si ceux qui ne travaillent
pas sur la véritable Matière, ne font rien qui vaille.
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GEBER 233

CHAPITRE XXIV. Page 99

Motifs de ceux qui nient que l'Art soit dans les moyens Minéraux.
dans les végétables, et dans le mélange de quelque chose que ce soit.



TROISIEME PARTIE DU PREMIER LIVRE
Des Principes naturels et de leurs effets.

CHAPITRE XXV. Page 103
Principes naturels des Corps Métalliques,
selon l'opinion des Anciens.
La composition des Principes (qui sont, selon les
Anciens, l'Esprit fétide, ou le Soufre, et l'Esprit fugitif, ou l'Argent-vif) est très forte, et leur Substance est uniforme ou homogène, c'est-à- dire de même nature; parce que chaque partie de ces Principes est faite du concours et de l'union très exacte des quatre Eléments, qui ne peuvent être détachés ni séparés les uns des autres.

CHAPITRE XXVI. Page 105
Des Principes naturels des Métaux, selon l'opinion des Modernes.

CHAPITRE XXVII. Page 108
Division de ce qu'il y a à dire des trois Principes.
Il y a trois Principes: le Soufre, l'Arsenic, et
l'Argent-vif.
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234 OEUVRE CHYMIQUE

CHAPITRE XXVIII. Page 109
Du Soufre.
Le Soufre est une graisse de la Terre. épaissie dans
les Mines par une digestion modérée, dont la Composition est très forte, et la Substance homogène en toutes ses parties. On ne saurait calciner le Soufre sans perdre
beaucoup de sa Substance. Il gâte et noircit les Corps avec qui on le mêle.
Il augmente le poids des Métaux que l'on calcine
avec lui. Etant sublimé avec l'Argent-vif, il s'en fait du
Cinabre. On calcine aisément les Métaux avec le Soufre, à
la réserve de l'Etain et de l'Or. Et ceux qui ont le moins d'Argent-vif se calcinent plus facilement. On ne peut point avec le Soufre coaguler l'Argent-vif en Soleil ni en Lune. C'est le Soufre qui illumine, qui donne l'éclat, et
qui perfectionne tous les Métaux, parce qu'il est Lumière et Teinture. Le Soufre ne se dissout qu'avec peine, parce qu'il
n'a point de parties de la nature du Sel, mais seulement d'oléagineuses. Il se sublime, parce que c'est un Esprit.
Le Soufre ne peut lui-même servir à l'Oeuvre des
Philosophes.

CHAPITRE XXIX. Page 114
De l'Arsenic.
L'Arsenic est fait d'une Matière subtile et de même
nature que le Soufre. La différence qu'il y a entre eux, c'est que l'Arsenic
donne facilement la Teinture blanche, et le Soufre la rouge. Cela s'entend dans la
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GEBER 235
Médecine du premier Ordre, qui n'est qu'une Sophistication. L'Arsenic ni le Soufre n'étant parfaits, ne sont pas
la Matière qui donne la perfection à l'Oeuvre.

CHAPITRE XXX. Page 115
De l'Argent-vif ou Mercure.
C'est une Eau visqueuse, faite d'une Terre blanche
sulfureuse très subtile, et d'une Eau très claire. digérées dans les entrailles de la Terre, et unies exactement par leurs moindres parties, jusqu'à ce que l'Humide soit tempéré par le Sec, et le Sec par l'Humide. Il s'unit aisément aux Métaux, étant de même
nature qu'eux, et il sert de moyen pour joindre les Teintures. Il n'y a que l'Or qui se submerge en lui, et sans lui
on ne saurait dorer aucun Métal. Il n'est pas la Matière de l'Oeuvre, ni l'Oeuvre, à le
prendre tel qu'il est naturellement.

CHAPITRE XXXI. Page 117
Des effets des Principes naturels, qui sont les Corps métalliques.
Il y a six Corps métalliques: l'Or, l'Argent, le
Plomb, l'Etain, le Cuivre et le Fer. Le Métal est un Corps minéral fusible et
malléable, dont la composition est forte. Les Métaux parfaits ne communiquent point la
perfection aux imparfaits, pour être mêlés avec eux, si ce n'est qu'ils aient été changés en Magistère.
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236 OEUVRE CHYMIQUE

CHAPITRE XXXII. Page 119
Du Soleil ou de l'Or.
L'Or est un Métal jaune, pesant, qui n'a point de
son, qui est fort brillant, et qui souffre la Coupelle et le Ciment. L'Or est le plus précieux des Métaux, et c'est lui
qui donne la Teinture rouge. Jupiter et la Lune approchent le plus de la nature
de l'Or. Saturne lui ressemble au poids, et en ce qu'il n'a point de son, et qu'il ne se pourrit point. Vénus lui est semblable en couleur. Mars a le moins de tous d'affinité avec l'Or.

CHAPITRE XXXIII. Page 122
De la Lune ou de l'Argent.
L'Argent est un Corps métallique blanc, d'une
blancheur pure, net, dur, sonnant, et qui souffre la Coupelle. La Lune est la Teinture de la blancheur.
Etant exposée sur le suc des choses aigres, il s'en
fait un beau bleu céleste. L'Argent a sa Mine à part. Il s'en trouve pourtant
dans les Mines des autres Métaux, mais il n'est pas si bon.

CHAPITRE XXXIV. Page 123
De Saturne ou du Plomb.
Le Plomb est un Corps Métallique noirâtre
terrestre, pesant, qui n'a point de son et fort peu de blancheur, mais beaucoup de lividité, qui ne souffre ni la Coupelle ni le Ciment, qui est mou, qui s'étend aisément sous le marteau qui se fond promptement sans rougir.
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GEBER 237
Il convient avec l'Or en ce qu'il est fort pesant,
qu'il n'a point de son, et qu'il ne pourrit point. Du Plomb brûlé, il s'en fait du Minium, et de la
Céruse, en l'exposant sur la vapeur du vinaigre. Le Plomb sert d'Examinateur à la Coupelle.


CHAPITRE XXXV. Page 125
De Jupiter ou de l'Etain.
L'Etain est un Corps métallique qui a une blancheur
impure; est livide, un peu sonnant et terrestre, qui a le cric, est mou, se fond soudainement sans rougir, et ne souffre ni la Coupelle ni le Ciment. L'Etain s'approche le plus des Métaux parfaits. Il
blanchit les Métaux qui ne sont pas blancs. Il rend aigres et cassants ceux à qui on le mêle, hormis le Plomb et l'Or. Il s'attache fort au Soleil et à la Lune.

CHAPITRE XXXVI. Page 127
De Vénus ou du Cuivre.
Vénus est un Corps métallique qui a une rougeur
obscure, qui rougit au feu, est fusible, résonne fortement, et ne souffre ni la Coupelle, ni le Ciment. Elle a grande affinité avec la Tutie, qui lui donne
la couleur d'Or.

CHAPITRE XXXVII. Page 129
De Mars ou du Fer.
Mars est un Corps métallique fort livide, qui a peu
de rougeur, qui participe d'une blancheur impure, est dur et inflammable, qui ne se fond pas directement, et à beaucoup de son.
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238 OEUVRE CHYMIQUE

CHAPITRE XXXVIII. Page 130
De la différence des Métaux imparfaits à l'égard de la perfection.
Moins les Corps imparfaits ont de disposition à
être promptement fondus, plus ils sont difficiles à être transmués; et ceux qui se fondent plus aisément reçoivent facilement la transmutation. Les Métaux imparfaits qui sont transmués par la
Grand'Oeuvre reçoivent tous la même perfection, quoi qu'il y ait plus de déchet dans les uns, et moins dans les autres.


QUATRIEME ET DERNIERE PARTIE DU PREMIER LIVRE
Qui traite des Principes artificiels de l'Art.

CHAPITRE XXXIX. Page 133
Division des choses contenues en cette Partie, où il est parlé en passant de la perfection,
de laquelle il sera traité dans le second Livre.
Il parle en cette dernière partie des Principes artificiels
du Magistère, et de la perfection qu'il ne fait que toucher en gros; parce qu'il en doit traiter plus particulièrement dans le second Livre. Les Principes artificiels sont: la Sublimation, la
Descension, la Distillation, etc. La perfection consiste à connaître: premièrement
les choses par le moyen desquelles on peut parfaire
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GEBER 239
l'Oeuvre. Secondement celles qui contribuent à la perfection. Troisièmement celle qui donne la perfection. Et enfin celles par le moyen desquelles on connaît si le Magistère a toute la perfection qu'il doit avoir. 1. Les choses par le moyen desquelles on accomplit
l'Oeuvre sont une Substance réelle et corporelle, des couleurs évidentes, les poids des Métaux, et la connaissance des Métaux, tels qu'ils sont naturellement, et tels qu'ils peuvent être par artifice, tant intérieurement qu'extérieurement, afin de connaître ce qu'ils ont en eux de superflu, et ce qui les éloigne ou les approche de la perfection. 2. Les choses qui contribuent à la perfection sont
de trois sortes: a) Celles qui d'elles-mêmes et sans artifice s'attachent
aux Corps, et qui les changent en quelque façon, comme sont la Marcassite, la Tutie, etc. b) Celles qui purifient les Corps sans s'unir à eux,
comme sont les Sels, les Aluns, etc. c) Le Verre, qui purifie par la ressemblance de
Nature. 3. La chose qui donne la perfection est la pure et
moyenne Substance de l'Argent-vif, ou une Matière qui a pris son origine de la Matière de l'Argent-vif. 4. Les choses par le moyen desquelles on connaît
si le Magistère est véritablement parfait, ce sont les Epreuves ou Examens qui se font par la Coupelle, par le Ciment, etc., par le moyen desquelles on examine les Métaux qui ont été transmués.
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240 OEUVRE CHYMIQUE

CHAPITRE XL. Page 138
De la Sublimation en général, et pourquoi on l'a inventée.
Rien de peut s'unir aux Corps que les Esprits, ou
que ce qui a tout ensemble la nature du Corps et de l'Esprit. Si les Esprits ne sont purifiés par quelque
préparation, ou ils ne donnent point de couleur parfaite aux Corps imparfaits, sur lesquels on en fait projection, ou ils les corrompent et les noircissent. Le Soufre, l'Arsenic et la Marcassite brûlent et
noircissent les Corps, si on leur ôte leur onctuosité, qui s'enflamme et qui noircit. Les Tuties et l'Argent-vif sont volatils, et ne donnent
aux Corps que des couleurs imparfaites, si on ne leur ôte leur terrestréité. Ce qui se fait par la Sublimation, parce que le feu
élève les parties les plus subtiles des Esprits, et les plus grossières demeurent en bas. Cela se reconnaît encore en ce que les Esprits sont
plus lucides et transparents, après avoir été sublimés. La Sublimation ôte tout de même l'adustion aux
Esprits, parce que l'Arsenic et le Soufre étant sublimés, ne s'enflamment plus, comme ils faisaient auparavant.

CHAPITRE XLI. Page 142
Ce que c'est que la Sublimation, comment se fait celle du Soufre et de l'Arsenic,
et des trois degrés du feu qu'il y faut observer.

La Sublimation est l'élévation qui se fait par le feu
d'une chose sèche, et qui s'attache au Vaisseau.
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GEBER 241

CHAPITRE XLII. Page 146
Des Fèces des Corps métalliques qu'il faut ajouter aux Esprits pour les sublimer,
et quelles doivent être leur quantité et leur qualité.
Les écailles ou paillettes de Fer (ou bien la
Limaille) et le Cuivre brûlé, sont les meilleures fèces qu'on puisse employer dans la Sublimation du Soufre et de l'Arsenic; parce qu'ayant moins d'humidité, elles les boivent plus aisément.

CHAPITRE XLIII. Page 152
Des fautes qu'on peut faire et qu'il faut éviter,
à l'égard de la quantité des fèces, et de la disposition du Fourneau en sublimant le Soufre et l'Arsenic. De la manière de faire les Fourneaux et de quel bois on se doit servir.

CHAPITRE XLIV. Page 158
De quelle Matière et de quelle figure l'Aludel doit être.
La Sublimation du Soufre et de l'Arsenic sera bien
faite si ces deux Matières étant sublimées sont claires et luisantes, et qu'elles ne s'enflamment point.

CHAPITRE XLV. Page 163
De la Sublimation du Mercure.
La Sublimation de l'Argent-vif consiste à le
dépouiller de sa terrestréité et à lui ôter son humidité superflue.

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242 OEUVRE CHYMIQUE

CHAPITRE XLVI. Page 168
De la Sublimation de la Marcassite.

CHAPITRE XLVII. Page 170
Du Vaisseau propre à bien sublimer la Marcassite.

Le Verre a cette propriété, que lorsqu'il est en
fusion, il n'y a rien qu'il ne détruise, qu'il ne fasse fondre, et qu'il ne vitrifie.

CHAPITRE XLVIII. Page 176
De la Sublimation de la Magnésie, de la Tutie, et des Corps imparfaits.
CHAPITRE XLIX. Page 179
De la Descension et du moyen de purifier les Corps par les Pastilles.

CHAPITRE L. Page 184
De la Distillation, de ses causes, et des trois manières de la faire : par l'Alambic, par le Descensoire, et par le Filtre.

La Distillation est une élévation qui se fait des
vapeurs aqueuses, de quelque Matière, dans un Vaisseau propre pour cela. Elle se fait avec le feu, par l'Alambic et par le bain, ou par le Descensoire; ou sans feu par le Filtre.

CHAPITRE LI. Page 192
De la Calcination, tant des Corps que des Esprits,
de ses causes, et de la manière de la faire.
La Calcination est la Réduction qui se fait d'une

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GEBER 243
chose en poudre, par la privation de l'humidité qui lie et unie ses parties ensemble. On calcine les Corps ou Métaux pour leur ôter,
par la violence du feu, le Soufre qui les corrompt et les noircit, et pour les purifier de leur terrestréité; et afin aussi d'endurcir les Métaux mous. On calcine les Esprits pour les disposer à devenir
fixes et à se résoudre en eau. Tout ce qui est calciné est plus fixe et se dissout
plus aisément que ce qui ne l'est pas; parce que les parties en étant plus subtiles, elles se mêlent plus facilement à l'Eau. et se dissolvent. On calcine encore les choses étrangères, qui ne
sont ni Corps ou Métaux, ni Esprits, pour servir à préparer les Corps et les Esprits. Tout ce qui a perdu son humidité naturelle ne se
peut fondre que pour se vitrifier. Saturne a une humidité plus fixe, et plus de
terrestréité que Jupiter.
CHAPITRE LII. Page 202
De la Dissolution.
La Dissolution, c'est la Réduction qui se fait d'une
chose solide et sèche en eau ou en liqueur.
Tout ce qui se dissout est nécessairement ou Sel ou
Alun, ou de semblable nature. Les Sels et les Aluns rendent fusibles les choses (à qui on les ajoute) avant qu'elles se vitrifient. Les Esprits ne se vitrifient jamais, et ils empêchent
la vitrification des choses avec qui on les mêle, tandis qu'ils demeurent avec elles.
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244 OEUVRE CHYMIQUE

CHAPITRE LIII. Page 206
De la Coagulation, de ses causes et de divers moyens de coaguler le Mercure et les Médecines dissoutes.
La Coagulation est une Opération par laquelle on
réduit une chose liquide en une Substance solide, en lui ôtant son humidité. Tout Soufre métallique, qui n'est pas fixe, forme
un Corps livide ou noirâtre.

CHAPITRE LIV. Page 217
De la Fixation, de ses causes, et de la manière différente de fixer les Corps
et les Esprits.
La Fixation est une Opération par laquelle une
chose qui s'enfuit du feu est rendue en état de le pouvoir souffrir.

CHAPITRE LV. Page 221
De l'Incération.
L'Incération est le Ramollissement qui se fait
d'une chose dure et sèche. et qui n'est pas fusible, pour la rendre liquide et coulante. L'humidité que la Nature a mise dans les Corps
métalliques par la nécessité qu'ils avaient d'être fondus et ramollis, est une humidité permanente, et qui dure et subsiste autant que les Métaux; autrement. quand les Métaux auraient été une fois rougis au feu, ou fondus, ils n'auraient plus du tout d'humidité; et ainsi ils ne pourraient plus être forgés ni fondus. Ce qui est contre l'expérience.
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ACHEVÉ D'IMPRIMER EN DECEMBRE 1992 SUR LES PRESSES DE L'IMPRIMERIE DU PAQUIS 70400 HÉRICOURT DÉPOT LÉGAL: 4e TRIMESTRE 1992
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