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Réfer. : AL1700
Auteur : Paracelse.
Titre : Traité des trois essences premières.
S/titre : Le trésor des trésors. Discours de l'Alchimie.

Editeur : Arché. Milano.
Date éd. : 1981 .




**** A T T E N T I O N ****

Ce document étant sujet à droits d'auteur, n'est composé que du début, et des tables éven-
tuelles. Reportez-vous aux références ci-dessus
pour vous le procurer.

**** A T T E N T I O N ****



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P A R A C E L S E

TRAITE
DES
T R O I S E S S E N C E S P R E M I E R E S

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L E T R E S O R D E S T R E S O R S DES ALCHIMISTES
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D I S C O U R S D E L'A L C H I M I E
& AUTRES ECRITS

ARCHE Collection Sebastiani MILANO 1981 @





Collection Sebastiani (C) 1981 by ARCHE Milano Imprimé en Italie Tipografia Poggi Litografia - Milano
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PARACELSE
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TRAITE DES TROIS ESSENCES PREMIERES -----------
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L'Oeuvre de Grillot de Givry
-----O-----
TEXTES HERMETIQUES
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Aphorismes Basiliens, ou Canons hermétiques
de l'esprit et de l'âme, nouvellement mis en lumière par GRILLOT DE GIVRY. Un opuscule à 72 exemplaires numérotés.
Traité des sept Grades de la Perfection de
FR. HIEROSME SAVONAROLE, traduit pour la première fois de l'italien, par GRILLOT DE GIVRY. Un opuscule à 72 exemplaires numérotés.
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THEURGIE
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Les Villes Initiatiques. I. LOURDES, étude hiérologique I vol. in-18.
PROCHAINEMENT:
II. PARAY-LE-MONIAL,
Périégèse mystique.
III. SANTIAGO DE COMPOSTELA.

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En préparation: ESSAI SUR LA PREHISTOIRE.
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T R A I T E
DES
T R O I S E S S E N C E S
PREMIERES
DE P A R A C E L S E
Traduit pour la première fois du latin PAR GRILLOT DE GIVRY
pict
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IL A ETE TIRE DE CET OPUSCULE SOIXANTE-DOUZE EXEMPLAIRES NUMEROTES A L'USAGE DES INITIES
Exemplaire N° 1
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PROASME
La médecine occulte prit naissance dans les temples initiatiques et fut un art sacerdotal. Hippocrate et l'école grecque lui
donnèrent sa première vulgarisation officielle Elle se scinda
alors en deux doctrines, l'une restée ésotérique et connue des
adeptes, l'autre exotérique et qui allait bientôt dégrader la
profession médicale et l'abandonner aux mains des esclaves et
des vieilles femmes. Avec le Christianisme, l'art médical semble
rentrer en la possession de la caste sacerdotale dont il est
l'apanage naturel; une notion oubliée depuis longtemps vient
s'y ajouter: le dévouement et la charité. L'ordre des Diaconesses
est établi pour le soin des malades dans les hôpitaux qui s'appelleront
suivant leur attribution: Nosodochium, Xenodochium,
Orphanotrophium (Cf. Cortex Justin.), puis au Moyen-Age
vers le IXe siècle, la médecine devient une des sciences monastiques,
mais réduite à l'étude des simples comme l'attestent les
oeuvres latines de Walafrid Strabo et Macer Floridus.
Cependant l'école de Bagdad qui fut un centre splendide de civilisation intellectuelle pour l'Orient, avait conservé les
traditions de la médecine occulte; celles-ci furent introduites
de nouveau en Europe par les Alchimistes et par les ordres religieux
hospitaliers qui guerroyaient en Orient et ces deux
grandes branches de l'art médical se trouvent réunies pour la
première fois dans Albert le Grand et le bénédictin Basile
Valentin, héritiers tout à la fois de la science toute extérieure
des moines leurs maîtres, et des théories kabbalistiques conservées
par les Juifs et les Arabes.
Au XIIe siècle se fondent les premières Facultés, celle de Montpellier si brillamment illustrée par l'alchimiste Arnauld de Villeneuve,
celle de Bologne, celle de Milan qui produisit sous
Philippe le Bel, Lanfranc « le maître de bonne mémoire. » C'est
une époque d'indécision où les deux écoles sont un instant
confondues; il n'est pas de médecin qui ne soit alors plus ou
moins alchimiste; les Facultés s'emplissent de sujets qui oscillent
entre les données de l'occultisme et les théories incomplètes
des observations naturelles; la médecine est à la fois aux mains
de la société ecclésiastique et de la société civile, car l'on y
trouve les noms de Guillaume de Beanfet évêque de Paris et
médecin de Philippe le Bel et même au XIVe siècle, en 1350
celui de Gui de Chauliac chapelain de Clément VI. Mais bientôt
la scission s'opère de nouveau, définitive; les adeptes et les
initiés se retirent peu à peu des Facultés tandis que celles-ci
devenues complètement exotériques, nous font assister pendant
deux cents ans aux querelles des barbiers-chirurgiens à robe
courte, des barbiers-chirurgiens à robe longue, des praticiens à
robe longue, des apothicaires, des grands et petits barbiers, etc.
Au milieu de ce chaos surgissent les noms d'Olivier le Daim

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et d'Ambroise Paré, lorsque la médecine occulte fait une réapparition
brillante avec Paracelse qui naquit en 1493 à Einsteld,
bourg du canton de Schwytz.
Ecrire sa vie dans ce court espace est chose impossible; les contradictions que la haine a accumulées sur son compte l'ont
rendue indéchiffrable et problématique. Certains l'ont cru disciple
de Basile Valentin: et il existe d'autre part un livre
édité à Paris en 1613, intitulé La Toyson d'or où l'auteur Salomon
Trismosin, enseigne la doctrine alchimique par les combinaisons
du Tarot et se qualifie « Précepteur de Paracelse ». Quoi qu'il
en soit, il puisa à la source même de l'ésotérisme. Il voyagea en
France, en Espagne, en Italie, en Allemagne, puis fonda une
chaire de médecine à l'Université de Bâle, sans qu'il soit
possible de préciser si ce fut avant ou après ses voyages, car
quelques-uns prétendent qu'il n'entreprit ceux-ci qu'en 1527, à
34 ans, étant proscrit de son pays natal. Nul homme ne fut en
butte à plus de persécutions et nul ne fut comblé de plus de
louanges. Placé au pinacle par les uns, traîné dans l'ignominie
par les autres considéré comme ignorant par celui-ci, et comme
roi des savants par celui-là, appelé tantôt charlatan tantôt
« Divin Paracelse », son oeuvre reste, lui rendant justice, et
nulle analyse ne saurait remplacer la prestigieuse lecture de ces
énormes in-folios, édités en 1658 à Genève par les célèbres Jean
et Samuel de Tournes. C'est alors que se révèle ce prodigieux
génie incompris sorte de Prométhée détenteur du feu céleste de
la science, et persécuté de ses contemporains. Peu soucieux de
la forme, embrassant tout dans son vaste cerveau, emporté par
une ardeur et une fougue indescriptible, il va droit au but,
sans quelquefois préparer suffisamment le lecteur étonné, et il
enfante ces oeuvres vraiment gigantesques et si oubliées, telles
que les Paramira importante composition qui traite de toutes
les matières philosophiques, le Paragranum, le Labyrinthe des
Médecins puissante diatribe contre la science de son époque et
les grands traités: de Pestilitate, remplis de théories extraordinaires
et de traditions précieuses que lui seul nous a conservées.
Ce sont des matériaux formidables où se coudoient: médecine,
pharmacopée, théologie, philosophie, kabbale, astrologie et
alchimie, souvent entassés sans ordre au milieu de la hâte de
l'exécution, mais toujours d'un puissant intérêt, arsenal incomparable
de pensées, où, au milieu des prolixités, des erreurs
théologiques parfois, surgissent des passages d'une envergure
admirable, des hardiesses qui font frémir, des apostrophes à ses
ennemis, boutades violentes, qui semblent le rugissement du
lion assailli par une nuée d'insectes.
Il faudrait encore citer les Archidoxes, ce livre si curieux, le traité de Vita longa, celui des Paragraphes, le liber Azoth ou de
Ligno et linea vitae, le de Signatura rerum et les fameux livres de
la philosophie aux Athéniens. C'est un amoncellement de merveilles
jetées là sans ordre, au hasard de la plume, quelquefois à
peine développées, de théories qui demanderaient vingt pages de
commentaires et qu'il expose en un aphorisme; ce sont des

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T R A I T E
DES TROIS ESSENCES PREMIERES dont se compose tout être engendré, PAR LE DOCTEUR AUREOLUS PHILIPPE THEOPHRASTE BOMBAST
DE HOHENHEIM DIT
PARACELSE LE GRAND -----------
CHAPITRE PREMIER
Toute chose engendrée et produite par ses éléments constitutifs, peut se décomposer en trois éléments:
en Sel, en Soufre et en Mercure. (1)
De ces trois éléments se forme une conjonction qui constitue un corps et une essence unique. Ce
corps n'est pas défini ainsi d'après ses propriétés particulières,
mais du moins suivant sa constitution ternaire.
Son opération est triple. La première est celle du principe salin. Celui-ci agit en purgeant, mondifiant,
adoucissant (balsamando) et par d'autres manières


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(1) Ces trois termes ne sont nullement assimilables à ce qu'ils expriment actuellement. Dans la langue synthétique du moyen-âge ils représentaient des principes d'universalité.
De même que le mot sel a gardé aujourd'hui encore son ancienne signification et s'applique
à des matières différentes en ne désignant que le principe Salin comme caractère
général, de même les alchimistes connaissent un grand nombre de Soufres et de Mercure
se groupant chacun autour de leur principe unique sulfureux ou mercuriel.
L'initié considérera donc le sel comme le principe conservateur du Macro-Microcosme, le Soufre comme principe calorique, véhiculeur du mouvement, base fondamentale de
toutes les substances organiques; enfin le Mercure, comme principe augmentatif, reconstituant
et concrétisateur.

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encore; il conserve aussi ce qui tend à entrer en
putréfaction.
La seconde est celle du principe sulfureux. Celui-ci modère l'excès qui peut provenir des deux autres
principes, ou bien est dissous.
La troisième est celle du principe mercuriel Celui-ci restaure ce qui tombe en consomption.
Quant à la forme de chacun de ces trois principes, l'un est une Liqueur, c'est le Mercure; l'autre est
une *()léité (oleitas), c'est le Soufre, le troisième un
Alcali; c'est le Sel. Le Mercure ne contient ni Soufre
ni Sel; le Soufre, ni Mercure ni Sel; le Sel, ni Soufre
ni Mercure. Et par ce moyen chacune de ces choses
conserve la vertu qui lui est propre.
Ces opérations se rencontrent réellement dans les maladies complexes; mais il faut savoir que cette
séparation des choses n'est pas parfaite, mais que
deux de celles-ci sont réunies en une seule comme
dans l'hydropisie et autres semblables, car ces maladies
sont complexes parce qu'elles excèdent l'humidité
tempérée et la dose ordinaire de l'humeur
dans l'individu. Ainsi le Mercure et le Soufre guérissent
quelquefois la paralysie, parce que le Soufre
corporel y est en surabondance, ou bien parce que
quelque lésion en est proche. Aussi faut-il remarquer
que toute maladie peut exister doublement ou triplement,
ce qui cause la complexité de la maladie.
Par conséquent le médecin doit observer en cela si là
maladie qu'il traite est simple, quel est son degré en
liqueur, en huile ou en sel et comment les limites
de la lésion sont éloignées du siège de la maladie, et
c'est suivant ce degré qu'il devra extraire la Liqueur,
le Sel et le Soufre, et qu'il devra ordonner ce qui
sera nécessaire. Retenez donc cette règle brève, qu'il
faut ordonner une médication pour la lésion, une
autre pour la maladie.

##Note :
*()léité: (imprimé tel quel): de nature huileuse.
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CHAPITRE II
Les sels purifient, mais de manières différentes. Les uns par évacuation; et ceux-ci sont de deux
sortes: le sel contenu dans le remède lui-même, qui
prépare et favorise la séparation des matières étrangères,
puis le sel de la nature contenu dans le corps
de l'individu, qui les expulse. C'est pourquoi sans le
sel, nulle excrétion ne peut avoir lieu; d'où il s'ensuit
que le Sel vulgaire doit venir en aide aux Sels de
la nature.
D'autres sels purifient par le vomissement; ce qui a lieu lorsque le Sel est d'espèce si grossière qu'il ne
peut être digéré, et produit une strangulation à la
partie supérieure de l'estomac.
D'autres encore par la transpiration, tel le Sel infiniment subtil qui se mêle intimement au sang, car
les Sels qui produisent l'évacuation et le vomissement
ne se mêlent point au sang; aussi ces derniers
ne provoquent-ils aucune sueur car c'est seulement
le Sel qui se sépare du corps.
D'autres purifient par les urines, car les urines ne sont autre chose qu'un Sel superflu. Les excréments
sont le Soufre superflu; quant à la liqueur, rien de
superflu ne s'en échappe du corps; mais elle demeure
au contraire à l'intérieur. C'est là le secret de toutes
les évacuations du corps, qui ne sont qu'un phlegme
expulsé au moyen du Sel, par les narines, les oreilles,
les yeux et par les autres voies. Et ceci doit s'entendre
avec l'Archée, au moyen duquel ils accomplissent
toutes leurs opérations, comme on l'indiquera plus
loin.
Donc puisque le Sel évacuateur (laxativus) provient de l'Archée, si l'un purge l'estomac, c'est parce qu'il
procède de l'estomac de l'Archée; si l'autre purge la
rate, c'est qu'il provient de la rate de l'Archée, et
ainsi de suite pour le cerveau, le foie, le poumon et
les autres membres. Car chaque membre de l'Archée

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communique le mouvement au membre correspondant
du microcosme (1). Or sachez qu'il est plusieurs
sortes de Sels ou Alcalis: l'un est doux comme la
casse, et c'est le Sel mixte (separatum) qui est appelé
antimoine dans les minéraux; l'autre est acide
(acetosus), comme le Sel gemme. Un autre est aigre,
comme le gingembre; d'autres, amers, comme la
rhubarbe et la coloquinte. Sachez aussi à ce sujet,
que plusieurs Alcalis sont engendrés, comme le Harmel
(2): plusieurs sont extraits, comme la Scammonée;
plusieurs sont coagulés, comme l'Absinthe. Et il faut
distinguer en ceci tout ce qu'on a déjà expérimenté
à propos du Sel. Certains, en effet, purgent semblablement
par la seule transpiration; d'autres par la
seule consomption, et ainsi de suite, car autant de
saveurs particulières du Sel, autant d'opérations et
d'expulsions particulières, quoique à vrai dire ces
deux dernières choses n'en forment qu'une, car la
première est l'opération même du remède, et la
seconde l'achèvement de cette même opération.


CHAPITRE III
Le Soufre opère en desséchant et en consumant la superfluité. Celle-ci, soit par elle-même, soit par le
moyen d'autres agents, doit être consumée, à moins
qu'elle ne soit conservée par les Sels Ainsi pour
combattre l'Hydropisie il faut chercher un remède
contre les sels engendrés par le foie de l'Archée, afin
de consumer ce qui est putréfié et corrompu; il
est de plus nécessaire que ce mal soit guéri par la
force du Soufre auquel sont soumises toutes les
maladies de ce genre, chacune selon son espèce,
quoique cependant le Soufre ne convienne pas à


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(1) L'Archée de Paracelse est l'expression du rapport constant du microcosme avec le macrocosme. C'est le corps astral dans toute la force du terme.
(2) Extrait de rue sauvage.
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LE TRESOR DES TRESORS DES ALCHIMISTES PAR PHILIPPE THEOPHRASTE BOMBAST, LE GRAND PARACELSE.


La nature engendre ce minéral dans le sein de la terre. Il y en a deux espèces que l'on peut trouver en diverses
localités de l'Europe. Le meilleur que j'ai eu et qui a
été trouvé bon après assai est extérieur dans la figure
du monde supérieur, à l'Orient de la sphère solaire. Le
second se trouve dans l'astre méridional et aussi dans la
première fleur que le gui de la terre produit sur l'astre
(1). Après la première fixation il devient rouge; en
lui sont cachées toutes les fleurs et toutes les couleurs
minérales. Les Philosophes ont beaucoup écrit sur lui


1. Ce passage est incompréhensible. Pour ne pas qu'on puisse s'en prendre à nous, voici le texte: Optimum quod mihi oblatum,
ac in experimentando, genuinum inventum est extra in figura majoris
mundi, est in oriente astri sphaerae solis Alterum in Astro meridionali,
jam in primo flore est, quem Viscus terrae per suum Astrum
protrudit.

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parce qu'il est d'une nature froide et humide voisine de
celle de l'eau.
Pour tout ce qui est science et expérience, les Philosophes qui m'ont précédé ont pris pour cible le Rocher
de la vérité, mais aucun de leurs traits n'a rencontré le
but. Ils ont cru que le Mercure et le Soufre étaient les
principes de tous les Métaux, et ils n'ont pas mentionné,
même en songe, le troisième principe. Cependant si par
l'art spagyrique, on sépare en plus de l'Eau, il me
semble que la Vérité que je proclame est suffisamment
démontrée; ni Galien, ni Avicenne ne la connaissaient.
S'il me fallait décrire pour nos excellents physiciens
le nom, la composition, la dissolution, la coagulation,
s'il me fallait dire comment la nature agit dans les
êtres depuis le commencement du monde, il me suffirait
à peine d'une année pour l'expliquer et des peaux de tout
un troupeau de vaches pour l'écrire.
Or, j'affirme que dans ce minéral, on trouve trois principes, qui sont: le Mercure, le Soufre et l'Eau métallique
qui a servi à le nourrir; la science spagyrique peut
extraire cette dernière de son propre suc quand elle
n'est pas tout à fait mûre, au milieu de l'automne, de
même la poire sur l'arbre. L'arbre contient la poire en
puissance. Si les astres et la nature concordent, l'arbre

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émet d'abord des branches vers le mois de mars, puis les
boutons poussent, ils s'ouvrent, la fleur apparaît, et ainsi
de suite jusqu'en automne où la poire mûrit. C'est la
même chose pour les métaux. Ils naissent d'une façon
semblable dans le sein de la terre. Que les Alchimistes
qui cherchent le Trésor des trésors notent ceci soigneusement.
Je leur indiquerai le chemin, le commencement,
le milieu et la fin; dans ce qui suit je vais décrire l'eau,
le soufre et le baume particulier du trésor. Par la résolution
et la conjonction ces trois choses s'uniront en une.


DU SOUFRE DU CINABRE.
Prends du cinabre minéral et opère ainsi. Cuis-le avec de l'eau de pluie dans un vase de pierre pendant
trois heures; purifie-le ensuite avec soin et dissous
dans une eau régale composée de parties égales de
vitriol, de nitre et de sel ammoniac (autre formule,
vitriol, salpêtre, alun et sel ordinaire).
Distille dans un alambic en cohobant. Tu sépareras ainsi soigneusement le pur de l'impur. Mets ensuite fermenter
pendant un mois dans le fumier de cheval. Ensuite
sépare les éléments selon ce qui suit: quand le
signe apparaîtra, commence par distiller dans l'alambic

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avec le feu du premier degré. L'eau et l'air monteront,
le feu et la terre resteront dans le fond. Cohobe et mets
l'alambic au feu de cendres. L'eau et l'air monteront
d'abord, puis l'élément du feu, que les artistes habiles
reconnaîtront facilement. La Terre restera dans le fond
de l'alambic, tu la recueilleras; beaucoup l'ont cherchée
et peu l'ont trouvée. Tu prépareras selon l'Art cette
terre morte dans un fourneau à réverbère, puis tu lui
appliqueras le feu du premier degré pendant quinze
jours et quinze nuits. Ceci fait tu lui appliqueras le
second degré pendant autant de jours et autant de
nuits (ta matière aura été enfermée dans un vase scellé
hermétiquement). Tu trouveras enfin un sel volatil semblable
à un alcali très léger, contenant en soi l'essence
du feu et de la terre.
Mélange ce sel avec les deux éléments que tu as mis de côté, l'air et l'eau. Chauffe sur les cendres pendant
huit jours et huit nuits, et tu trouveras ce que beaucoup
d'artistes ont négligé. Sépare selon les règles de l'art
spagyrique et tu recueilleras une terre blanche privée
de sa teinture. Prends l'élément du feu et le sel de la
terre, fais digérer au pélican pour extraire l'essence. Il
se séparera de nouveau une terre que tu mettras de
côté.

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DU LION ROUGE.
Ensuite prends le lion qui a passé le premier dans le récipient dès que tu aperçois sa teinture, c'est-à-dire le
feu qui se tient au dessus de l`eau, de l'air et de la terre.
Sépare-le de ses impuretés par trituration. Tu auras
alors le véritable or potable. Arrose-le d'alcool de vin
pour le laver; puis distille dans un alambic jusqu'à ce
que tu ne perçoives plus au goût l'acidité de l'eau régale.
Enferme ensuite avec soin cette huile de soleil dans une retorte fermée hermétiquement. Chauffe pour l'élever,
de telle sorte qu'elle se sublime et se dédouble.
Place alors le vaisseau toujours bien fermé dans un
endroit frais. Chauffe de nouveau pour élever, replace
au frais pour condenser. Répète cette manoeuvre trois
fois. Tu auras ainsi la teinture parfaite du soleil.
Réserve-la pour plus tard.


DU LION VERT.
Prends du vitriol de Vénus, préparé selon les règles de l'art spagyrique, ajoutes-y les éléments de l`eau et de

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l'air que tu avais mis de côté. Mélange, fais putréfier
pendant un mois comme il a été dit.
La putréfaction finie, tu remarqueras le signe des éléments. Sépare et tu verras bientôt deux couleurs, le
blanc et le rouge. Le rouge est au-dessus du blanc. La
teinture rouge du vitriol est tellement puissante qu'elle
teint en rouge tous les corps blancs, et en blanc tous les
corps rouges, ce qui est merveilleux. Travaille sur cette
teinture dans une cornue et tu en verras sortir la noirceur.
Remets dans la cornue ce qui a distillé, et recommence
jusqu'à ce que tu obtiennes un liquide blanc.
Sois patient et ne désespère pas de l'oeuvre.
Rectifie jusqu'à ce que tu trouves le lion vert, brillant et véritable, que tu reconnaîtras à son grand poids.
C'est la teinture de l'Or. Tu contempleras les signes
admirables de notre lion vert, qu'aucun des trésors du
lion romain ne pourraient payer. Gloire à celui qui a
su le trouver et en tirer la teinture ! C'est le vrai baume
naturel des planètes célestes, il empêche la putréfaction
des corps, et ne permet pas à la lèpre, à la goutte, à
l'hydropisie de s'implanter dans le corps humain. Lorsqu'il
a été fermenté avec le soufre de l'or, on le prescrit
à la dose d'un grain.
Ah! Charles l'allemand, qu'as-tu fait de tes trésors

**** A T T E N T I O N ****

Fin du texte de ce document, ce document étant sujet à droits d'auteur.

**** A T T E N T I O N ****



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EPITAPHES DE THEOPH. PARACELSE BOMBAST, LA première en langue Latine et la seconde en la Française, telle que l'a traduite S. de Sarcilly.


Epitaphium D. Theoph. Paracelsi, quod Salisburgae in nosocomio
ad S. Sebastianum, ad Templi murum erectum, spectatur, lapidi insculptum.
Conditur hic Philippus Theophrastus, insignis Medicinae Doctor, qui dira illa vulnera, lepram, podagram, hydropisin,
aliaque insanabilia corporis contagia, mirifica artè sustulit, ac
bona sua in pauperes distribuenda, colocandaque erogavit. Anno
1541, die 24. Septembris, vitam cum morte mutavit. Laus Deo,
pax vivis, requies aeterna sepultis.


Epitaphe du Docteur Théophraste Paracelse, que l'on voit écrit en un marbre, ou pierre, dans l'Hôpital S. Sébastien à
Salzbourg, attaché à la muraille du Temple.

Ci gît Philippe Theophraste Paracelse, insigne Docteur en la Médecine, qui par un Art et Science miraculeuse, a curé ces
cruelles maladies, la lèpre, la podagre, l'hydropisie, et toutes les
autres infirmités du corps humain, tenues pour incurables; et a
ordonné de faire distribuer et donner tous ses biens aux pauvres.
Il a échangé sa vie à la mort, en l'an 1541. le 24. jour de
Septembre. Louange à Dieu, paix aux vivants, repos éternel aux
trépassés.

FIN DE L'APPENDICE
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INDICE DES CHAPITRES
contenus en ce livre
De Sarcilly. Préface sur le Discours d'Alchimie de
Paracelse .................................. 7
Paracelse. Discours de l'Alchimie ............. 15
Paracelse. Les Paragraphes .................... 43
Paracelse. Epître ............................. 44
Paracelse. Le Livre du Caduc .................. 47
Paracelse. La Petite Chirurgie. Préface ...... 61

Paracelse. Le Livre des Vers, Serpents, etc ... 75
Appendice.
Docteur Toxite. Epître ..................... 95 Jean Wier. Les Indoctes Médecins ........... 102 Epitaphes de Paracelse ..................... 109
FIN DE L'INDICE

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