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Réfer. : 2600 .
Auteur : Ygé, Claude D'.
Titre : Nouvelle Assemblée des Philosophes Chymiques.
S/titre : Science écrite de tout l'Art Hermétique.

Editeur : Dervy-Livres Paris.
Date éd. : 1954 .
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Note au lecteur :

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dans -> Répertoire des auteurs et des titres.

Le traducteur.

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SCIENCE ECRITE DE TOUT L'ART HERMETIQUE (1)

qui n'a pas été puisée dans les Livres d'autrui; mais qui
a été justifiée et prouvée par l'expérience même; mise en
lumière, en l'honneur et gloire des enfans de l'art. Les
Ides de Septembre de l'année 1720, par un Philosophe
connu pour tel.

I -- L'Alchimie est une étude, qui imite la nature, et va beaucoup plus loin que cette servante de la Divinité.
II -- Ce n'est pas la Lecture des Livres Philosophiques qui constitue le Philosophe; mais bien plutôt la pratique, précédée des découvertes d'un fidèle ami, qui nous démontre l'art.
III -- Notre art est aisé et difficile, très précieux et vil, selon le sujet qui s'y applique et s'y attache.
IV -- Il est aisé en ce qu'il ne se conduit que selon la voye de la simple nature.
V -- Il est difficile en ce qu'il nous découvre tous les mystères de cette sçavante ouvriere, et nous rend les confidens de ses ressors cachés.
VI -- Il est très précieux, par rapport à ceux qui recherchent notre art, dans les choses précieuses et chères.
VII -- Il est vil en ce qu'il tire son origine d'une chose, sinon vile, du moins très-commune et très connüe.
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VIII -- La matière des Philosophes est unique, en essence, et en nombre, et ne dépend point de plusieurs sujets.
IX -- Ce n'est point dans le regne Astral qu'il faut chercher notre matière, quoiqu'elle renferme toute la vertu des astres.
X -- Ce n'est pas aussi dans les Elémens, quoiqu'elle les ait concentrés en elle-même.
XI -- Le regne animal ne peut pas non plus nous la donner, quoiqu'elle soit douée d'une ame très noble.
XII -- Le regne Végétal ne peut pas nous fournir notre matière, quoiqu'elle ait un esprit végétatif, et une vertu beaucoup plus multipliante que tous les végétaux.
XIII -- C'est enfin dans la derniere famille de la nature: je veux dire le regne minéral, qu'il faut la découvrir, quoi qu'elle ne soit ni or, ni argent, ni mercure vif, ni aucun des autres métaux, et minéraux, majeurs, et mineurs, à l'exception de ce que les Philosophes appellent leur ELECTRE MINERAL, non mûr, ou la MAGNESIE PHILOSOPHIQUE, qu'ils appellent leur SATURNE, qui n'est nullement le commun, et qui ne peutêtre compris par le sens ordinaire des Chymistes vulgaires.
XIV -- La Matière des Philosophes doit être crüe; c'est à dire, n'avoir jamais passe par le feu.
XV -- Notre Magnésie est la vraie et unique matiere de la Pierre Philosophale, dans notre voye universelle, qui est humide et sèche.
XVI -- La Solution de notre matière est, ou violente, ou douce, ou bénigne.
XVII -- Le feu des Philosophes, en tant que le plus
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grand, et le premier de leurs secrets (puisque c'est la seule connoissance qui distingue le Philosophe des Sophistes), est triple, le naturel, le surnaturel, et l'élémentaire.
XVIII -- C'est le feu naturel, qui fait le souphre d'or de la Magnésie.
XIX -- Le feu surnaturel est le mentrüe dissolvant des Philosophes qui n'est pas corrosif. C'est un feu non igné, une eau non aqueuse, un esprit corporel, et un corps spirituel; en un mot, un feu froid, dont la chaleur l'emporte cependant sur la naturelle et l'artificielle. Il n'est que cette chaleur qui puisse dissoudre l'or radicalement, sans aucune corrosion, et le rendre fusible et potable, qui est de toutes les médecines, et de tous les remèdes, le meilleur, et le plus agissant.
XX -- Le feu élémentaire est la clef du naturel et du surnaturel.
XXI -- Le feu surnaturel est la mere du mercure des Philosophes; le naturel en est le pere, et l'élémentaire en est la nourrice, et la gouvernante.
XXII -- Le mercure des Philosophes est simple, ou double, ou triple.
XXIII -- Le simple est la fontaine aigrelette des Philosophes, ou leur VINAIGRE PHILOSOPHIQUE, qui est le premier fondement et l'unique principe de la Pierre, c'est lui qui extrait les souphres des métaux, resout et volatilise leurs sels.
XXIV -- Le double qui est la terre feüillée Philosophique, est un parfum et un OXYCRAT très doux, une eau qui ne mouille pas les mains; enfin il est ce que les Philosophes appellent leur Azoth.
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XXV -- Le mercure triple est la première matière des Philosophes, qui renferme leurs trois principes; sçavoir, sel, souphre, et mercure Philosophiques, unis inséparablement, par le lien de conjonction. C'est enfin ce mercure qui se scelle hermétiquement de lui-même, et cette eau mêlée de feu.
XXVI -- Nous avons cinq solutions de notre matière.
1° De la matière crue, pour en tirer le feu des Philosophes.
2° Afin que ce feu secret, étant extrait, il fasse paroître le FEU VITRIOLIN, non commun; mais philosophique, qu'on appelle, PLOMB des Philosophes.
3° Que ce feu vitriolique passe par la putrefaction, au cahos des Philosophes.
4° De l'or philosophique, par le propre aimant mercuriel.
5° De la terre philosophique, afin d'en former le double mercure.
XXVII -- Il paroît deux putréfactions; celle de notre VITRIOL, et celle de la TERRE ADAMIQUE, ainsi appelée par les Philosophes, afin d'en préparer la terre feüillée, ou le double mercure. XVIII -- Les Philosophes n'ont qu'un aimant, et deux aciers.
XXIX -- Le mercure simple des Philosophes, est l aimant de leur Souphre. C'est par lui qu'on tire l'or des Philosophes, qui est beaucoup plus précieux que l'or vulgaire: il est aussi l'aimant du sel philosophique; cest avec lui qu'on lave la terre philosophique, et qu'on la rend volatile, afin qu'ils se joignent exactement, et qu'ils fassent ce qu'on appelle mercure double.
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XXX -- L'un et l'autre acier tant sulphureux que salin, doit faire coït onze fois avec l'aimant mercuriel, afin qu'il acquiere par cette cohobation réitérée, une nature régénérée très noble.
XXXI -- La volatilisation de la terre philosophique par l'Esprit du mercure (afin que le sel des métaux qui est la pierre même, soit engendrée) demande un artiste ingénieux, assidu, et patient.
XXXII -- Le grand mystère est de sçavoir volatiliser la terre philosophique, sans cette volatilisation les autres travaux sont inutiles, et vains. Les Philosophes ont été très-réservés sur cet article. Raymond Lulle, Basile Valentin, Théophraste, Paracelse, Geber, Arnaud de Villeneuve, Melchior, Michel Sendivogius, le comte Trévisan, Morien, et plusieurs autres ont été très-secrets, et très obscurs, ils n'en ont dépeint le procédé qu'avec différens hyérogliphes, et en ont parlé avec des termes très-variés. En égard à la diversité des Phénomènes qui paroissent dans cette élaboration; les uns lui ont donné le nom de Nitre Vierge extrait de la terre adamique; d'autres l'ont nommé, Grands jours de Salomon; quelquefois, les Champs de Mars; ailleurs, Benoîte Verdeur de Vénus; quelquefois Moisson portant feuilles, et fruits; dans des occasions, Huyle de Talc des Philosophes; tantôt Mercure Amalgame; d'autres Masse de perles prêtes à se coaguler, Masse stygienne, Mer Glaciale; quelquefois Lune engrossée de mercure; ailleurs Diamant philosophique, Terre feuillée, Tartre des Philosophes, Manne, Dragon dévorant sa propre queue: on ne finiroit pas à les rapporter.
XXXIII -- La terre feuillée des Philosophes se compose

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avec leur or liquide, selon le poids de nature: elle est pour lors première matière, à laquelle, si l'on proportionne le FEU GRADUE PHILOSOPHIQUE (que les Philosophes appellent l'HUILE DE SATURNE, ou le CACHET d'HERMES) cette terre est conduite à l'élixir blanc et rouge: elle se teint, et se parfait par ses propres élémens, qui sont l'air et le feu, et se multiplie à l'infini.
XXXIV -- Il n'y a point de voye particuliere qu'elle ne soit émanée de la source universelle. Il ne faut donc pas ajoûter foi aux fables des Sophistes du tems présent, qui sçavent extorquer de l'argent aux sujets trop crédules, et les trompent par l'esprit d'un gain futur qui n'arrivera jamais.
XXXV -- Les particuliers réels se font par le simple esprit du Mercure des Philosophes, qui est solaire et lunaire, comme la pierre de feu de Basile Valentin, l'augmentation de l'or et de l'argent, le cuivre conduit à des degrés de perfection. La transmutation de l'or et de l'argent en une teinture TEINGENTE. La maturation du mercure vif, en argent et en or, et plusieurs autres.
XXXVI -- Le double mercure des Philosophes rend l'huyle de Talc, que quelques-uns ont appelé leur GUT. Il conserve la fleur de la jeunesse jusques dans la vieillesse la plus avancée. Il peut dissoudre plusieurs petites perles pour en faire de très-grosses, plus belles de beaucoup, en qualité et en beauté, que les naturelles.
XXXVII -- La teinture parfaite, outre la transmutation
des métaux, multipliée à l'infini, rétablit et fortifie la santé, elle rend fécondes les femmes stériles, elle transmüe les cristaux en
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pierres précieuses, et en diamants, elle exubère les derniers en escarboucles, et rend le verre malléable.
XXXVIII -- En un mot les mystères de la Pierre sont
si grands, qu'a peine la raison humaine peutelle les concevoir.
XXXIX -- C'est ainsi, dit Hermès, que Dieu créa le monde.
XL -- La Pierre renferme enfin en elle, les secrets, les richesses, les miracles, et les forces des trois règnes. Le tout procéde d'une seule chose. Très-célébre Médecin ou Chymiste, qui que vous soyez, resolvez-moi, si vous le pouvez, et s'il vous plaît, ce SYLLOGISME; si-non, si vous m'en fournissez l'occasion, je suis prêt à vous le résoudre démonstrativement.
Je ne doute pas, Monsieur, que ce programme ne jette tous les lecteurs dans les expériences des minéraux,
attendu qu'il désigne cet ELECTRE MINERAL, non mûr,
comme la matière de la Pierre (2).
Je vais vous expliquer ce que les Philosophes entendent par leur ELECTRE MINERAL. Notre matière, disent-ils
tous, se trouve sur mer et sur terre; ils disent
vrai: mais dans un autre endroit ils avertissent qu'on ne
peut la trouver en aucun endroit du monde: ils ne nous
trompent pas.
On entend par des minéraux, les sels quelconques; c'est ce sel Philosophique dont parle Philaléthe, et qu'il
appelle le premier être de tous les sels, qu'il faut rendre
tel; c'est à dire, le composer par un aimant attractif des
vertus célestes, qui est l'ELECTRE MINERAL, paroissant
sous la forme d'un « fray de Grenoüilles ». Ils n'ont donc
pas tort d'exclure tous métaux, et minéraux, puisque ce
minéral est formé par l'artiste, d'une chose tirée d'une
miniére, qui n'est rien moins que les mines ordinaires, et
cette chose est l'aimant des vertus célestes; aussi se recrient-ils:

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NOSTRE MATIERE A SES PROPRES
MINIERES.
Ce qui a trompe encore une infinité d'artistes, qui ont travaillé sur la vraie matière sans fruit, c'est qu'ils ont
pris le sceau d'Hermès pour un vase luté, à la lampe
d'émailleur, ou exactement bouché par un lut: mais je
crois qu'il faut que notre matière se fasse un lut ellemême;
c'est-à-dire, que le ver à soye se renferme de luimême
dans sa coque (Buchère, Amy-Sage, Flamel). Je
crois en outre qu'aucun des feux des chymistes ne doit
servir à l'oeuvre, par conséquent sur l'attestation des
Philosophes, j'exclus tous les feux de fourneaux à vent,
de rétorte, de réverbére, de lampe, de ventre de cheval,
et m'en tiendrois à leur feu secret.
Mais quel est-il ce feu secret ? C'est ici la pierre d'achopement. La matière de la pierre et le feu secret, ont
fait broncher quantité d'habiles gens: il n'a pas été accordé
à tous les hommes de pénétrer les plus sublimes mystères
de la nature, parmi lesquels la Pierre Philosophale
tient le premier rang.
J'ai lu presque tous les Auteurs, qui traitent de ce grand art, sans pouvoir les approfondir entierement. J'ai
consulté ceux qui avoient le plus de réputation sur ces
matières, je n'ai pas même négligé les manuscrits, et
j'avoue que toutes les connoissances que j'en ai pu tirer,
ne sont encore que très imparfaites.
Je me mets, malgré tous mes soins, au plus bas rang de ceux que les Adeptes appellent Prophanes. J'ai
même la témérité de penser que bien des Auteurs, qui ont
la réputation d'avoir opéré le Grand-OEuvre, ne l'ont
acquise qu'en écrivant obscurément, et en copiant les pas
sagesdes vrais Philosophes, sur l'interprétation desquels
ils avoient fait de vains efforts.
Ce n'est pas que je nie la possibilité du Grand-OEuvre; j'en suis au contraire convaincu. Il ne seroit pas possible
que de si grands hommes, qui en ont fait de si amples
traités, eussent pu donner la plus sérieuse étude de leur
vie à une chimère: ou s'ils avoient été entraînés par une
aveugle crédulité, on n'en liroit pas parmi eux, qui feroient
les serments les plus authentiques, et qui prendroient à

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témoins les choses les plus respectables et les plus sacrées,
de la vérité qu'ils vont vous annoncer.
J'avoüe que bien des gens ont été séduits par l'imposture: je conviens qu'une infinité de malheureux ont impunément
pris le nom de Philosophes. Il est sûr que ces
mêmes ont eu beau jeu, pour en imposer à la plus grande
partie des hommes, au sujet de la transmutation métallique.
Tous les Chymistes vulgaires qui ont un peu d'expérience,
sçavent, à n'en point douter, qu'en dessouffrant
avec des corrosifs les deux métaux parfaits, et en jetant
ce souphre sur pareille quantité, ou poids de mercure,
ou métaux imparfaits, la transmutation se fait à l'instant.
Cependant le commun des hommes crie miracle à de
pareilles expériences; les bourses s'ouvrent, et le frauduleux
Alchymiste profite de leur simplicité.
La Pierre des Philosophes est d'une toute autre nature; elle transmue les métaux, sans avoir besoin d'emprunter
les souphres des autres métaux parfaits, et elle
est la souveraine médecine pour guérir les mixtes des trois
regnes.
Le morceau que je viens de vous donner, est suffisant pour donner une idée juste de l'art, pour faire voir aussi
ce que des milliers de volumes ont écrits sans ordre: c'est
en un mot, une sorte de thèse qu'un Seigneur Allemand
prétend soutenir à la face de l'Univers.

Il s'y donne pour le tenant du tournoi, et semble inviter à la dispute les sçavans sur cette matière, à la
manière d'Allemagne, où l'on soutient des thèses publiques
sur cette science.
Ce petit Ouvrage est écrit en Latin, mais il devroit être traduit en toutes sortes de langues, pour la commodité
de bien des enfans de l'art, qui ne sont pas lettrés.




(1) Se trouve dans: Production d'Esprit de l'Abbé SAUNIER DE BEAUMONT. Paris, 1736, 2 parties, in-12 (2 vol.
en 1), ainsi que dans: Le Zodiaque de la Vie humaine, de
PIERRE ANGE MANZOLLI, dont le hiéronyme était « Palingenius

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174 NOUVELLE ASSEMBLEE
». Traduction de J. B. C. de la Monnerie (en note).
Londres, 1733, 2 vol., in-12, et dans la revue: « La Haute
Science ». Paris, 1894.

(2) Electre. Les Philosophes ont ainsi appelé une de leurs matières; Paracelse la nomme Electre IMMEUR.
C'est la même qu'Artephius nomme moyenne substance
entre la mine et le métal. Elle est une chose ni tout à fait
parfaite, ni tout à fait imparfaite. Elle étoit en voie de perfection;
mais la Nature ayant trouve des obstacles dans
ses opérations, l'a laissée imparfaite; c'est pourquoi les
Philosophes disent qu'il faut commencer où la Nature a
fini. Cet Electre est de race de Saturne, c'est pourquoi quelques-uns
l'ont appelé Vénus qui a été surprise par Vulcain
en adultère avec Mars. D'autres l'ont nommé Diane, parce
qu'il a un bois qui lui est consacré. C'est dans cette forêt
qu'était suspendue la toison d'or. Il est nommé Electre
parce qu'il est composé de deux substances, et Electre
IMMEUR, parce qu'il doit venir à sa maturité par les opérations
de l'Artiste. Cet Electre est proprement la Lune des
Philosophes, qu'ils appellent quelquefois Eau, quelquefois
Terre, Plante, Arbre, Dragon, Lion vert, Ombre du Soleil.

DOM PERNETY Dictionnaire Hermétique.
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